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“Pour bâtir haut, il faut creuser profond” : l’absentéisme dans le secteur de la construction

« Pour bâtir haut, il faut creuser profond »

Proverbe Mongole

Le secteur de la construction est en expansion, mais si l’on veut rester compétitif et se développer, il faut préserver et motiver les équipes, ce qui n’est pas toujours facile.

Selon les chiffres fournis par l’Observatoire de l’Absentéisme au Luxembourg, le taux d’absentéisme pour cause de maladie dans le secteur de la construction est de 4,3 % en 2012, soit supérieur au taux global des absences pour cause de maladie (3.7%). Les raisons identifiées varient en fonction des entreprises et peuvent être liées à des problèmes organisationnels, managériaux, sécuritaires…
Rappelons que la loi du 6 mars 1998, modifiant la loi du 17 juin 1994 concernant la sécurité et la santé des travailleurs au travail, mentionne que « l‘employeur est obligé d‘assurer la sécurité et la santé des travailleurs dans tous les aspects liés au travail. ».

Et vous, où en êtes-vous?

CASE STUDY

L’entreprise a fait appel à Serenity@work pour l’accompagner et l’aider à identifier les raisons de ce taux d’absentéisme élevé qui impacte l’entreprise en terme de performance économique et sociale.

Grâce à la construction du tableau de bord absentéisme et à la réalisation d’une enquête sur les conditions de travail, nous avons pu identifier et mettre en place des indicateurs de suivi de l’absentéisme, déterminer les populations « à risque », et enfin identifier les principales causes liées à l’absentéisme au sein de l’entreprise.
Pour accompagner cette entreprise à lutter efficacement contre son absentéisme, Serenity@work a ensuite proposé un plan d’actions complet en trois temps : à court, à moyen et à long terme.

Focus sur le questionnaire : pour savoir comment vont vos collaborateurs, il faut leur demander !

Pour quelles raisons vos collaborateurs pourraient être absents ? Certaines causes peuvent être inhérentes aux individus et d’autres à leur contexte professionnel.
L’objectif du questionnaire (env. 30 questions) consiste à repérer les effets des différentes variables sur l’absentéisme au sein de l’entreprise. Il est anonyme, court et rapide à remplir, il suffit de cocher les cases !
Comment ? En ligne et/ou sous format papier, il peut être traduit dans la langue souhaitée.

Le projet en bref

L’entreprise

• Société active dans le secteur de la construction.
• Regroupant environ 150 salariés et intérimaires.

Le contexte

• Ces dernières années, la société a connu différents problèmes d’absentéisme liés notamment à des difficultés de recrutement, à une pyramide des âges non maîtrisée, à des absences de longues et courtes durées, des accidents de travail répétés.
• Les absences répétées d’ouvriers sur les chantiers, obligent à réorganiser en urgence les équipes et entrainent des retards sur les plannings des travaux.
• Les absences engendrent un coût financier important pour l’entreprise (paiement d’indemnités de retard de livraison, temps passé à traiter les absences, etc.).

Les objectifs

• Mesurer l’absentéisme.
• Cerner les causes de l’absentéisme.
• Identifier les leviers et construire un plan d’actions concret.
• Faire diminuer l’absentéisme.

La mission de Serenity@work

• Mettre en place une démarche pour comprendre l’absentéisme et proposer des actions concrètes pour le faire diminuer.
• Engager une démarche participative impliquant tous les acteurs de l’entreprise.
• Outiller le service Ressources Humaines.

Les actions de Serenity@work

• Mettre en place un groupe de travail pour engendrer un processus participatif.
• Mettre en place un tableau de bord de suivi de l’absentéisme.
• Analyser les causes : questionnaire en format papier traduit, etc.
• Définir une stratégie et un plan d’actions.
• Informer et sensibiliser les différents acteurs.
• Mettre en œuvre les actions.
• Effectuer une réunion de suivie.

Les résultats

• Une diminution du taux d’absentéisme dans les 6 mois après le lancement du projet.
• Un calcul précis des différents taux d’absentéisme.
• La mise en œuvre de changements organisationnels nécessaires au fonctionnement.
• Un tableau de bord pour effectuer un suivi précis de l’absentéisme et agir de façon proactive et réactive.
• Une revue des processus de sécurité au travail.
• Un groupe de travail en place, outillé et un plan d’action défini et des indicateurs de résultats.
• Des actions adaptées aux différentes cibles impactées.

Pour en savoir plus sur notre approche, contactez-nous.

Bulle de Sérénité : « Fermez les yeux et recentrez-vous »


« Votre efficacité est directement proportionnelle à votre capacité à vous détendre »

David Allen

Le stress a pris une place particulièrement importante dans la vie quotidienne de l’homme au 21 ème siècle. En effet, ce dernier est aujourd’hui soumis à de multiples « pressions de résultats », que ce soit dans son travail (avoir un meilleur rendement), dans sa famille (être le meilleur parent possible), ou encore dans sa vie sociale (donner l’image de l’individu parfait).

Il s’agit de conquérir une reconnaissance dans tous ces domaines à travers l’acquisition d’une compétence. Ce combat permanent demande une adaptation continuelle qui, malheureusement, ne se fait pas systématiquement et peut occasionner du stress.

Le stress, est une tension mentale qui résulte de l’adaptation de l’organisme aux sollicitations extérieures, aux agressions. Ce qui va avoir pour effet de déclencher un ensemble de réactions neurophysiologiques (nerveuses et hormonales) (1):

  • Sécrétion d’adrénaline pour un stress ponctuel avec accélération du rythme cardiaque et respiratoire, envoi du sucre dans le sang
  • Sécrétion de cortisone si le stress dure avec le maintien d’une tension artérielle élevée pour bien alimenter la tête et les jambes avec une action anti-douleur

Ce système biologique très ancien était parfaitement adapté pour nos ancêtres devant se protéger, agir vite, combattre ou fuir selon les situations. Nos réactions hormonales restent les mêmes aujourd’hui !

Or, il ne nous sert à rien à notre bureau, stressés par le téléphone, le fax, la multitude de mails, les clients (que nous ne pouvons ni supprimer ni fuir). Ceux-ci augmentent la tension, le taux de sucre dans le sang, et provoquent une respiration et des battements cardiaques plus rapides ! (2)

Le stress doit être appréhendé de la meilleure façon pour gérer la tension au quotidien. La relaxation par nature est un anti-stress, elle s’oppose point par point aux effets physiologiques du stress. Apprendre à se détendre, à se recentrer, à respirer, permet une meilleure gestion de la pression et des émotions pour instaurer une dynamique d’adaptation et de changement.

Si gérer l’agent stressant demande une remise en question très approfondie, gérer son effet corporel immédiat et rétablir l’équilibre naturel, l’homéostasie, peut se faire en très peu de temps. Nul besoin d’être allongé ou prendre la position du lotus !

La sophrologie permet d’apprendre des techniques de relaxation pour instaurer un réflexe détente en position assise, ce qui permet de réduire progressivement le temps de relaxation pour arriver à des séances de deux à trois minutes.

La relaxation pourra être utilisée dans des situations très contraignantes, comme les moments qui précèdent une prise de parole ou une négociation importante.

Se recentrer permet d’être plus efficace, davantage dans le plaisir et plus « posé ».

En pratique:

  • Prenez l’habitude de vous accorder des pauses de respiration consciente: assis, le dos droit, les yeux fermés
  • Inspirez par le nez sans forcer, en laissant le ventre se décontracter comme s’il se remplissait d’air
  • Puis expirez par la bouche lentement en rentrant le ventre : comptez 12 respirations
  • Comptez-les vraiment pour ne pas vous laisser parasiter par vos pensées

Faire « cocotte minute »

  • Relâchez la pression avant qu’elle ne monte. Détendez systématiquement mâchoires, épaules, nuque, dos, à chaque fois que vous y pensez (2)
  • Installez-vous confortablement sur votre chaise et fermez les yeux quelques instants
  • Recentrez-vous quelques minutes, ramenez votre attention sur votre corps, sur les sensations de l’instant, « ici et maintenant »
  • Accordez-vous un petit moment de récupération, un moment rien que pour vous

Emmanuelle Genitelli, Kinésithérapeute et sophrologue @ MONDORF Domaine Thermal

 

(1) Le stress, Ed. Les essentiels Milan. De J.C Dubier et Isabelle Inchauspé

(2) La sophrologie, Ed. Les essentiels Milan. De Luc Audouin

 

L’entreprise contre le burn out – POST LUXEMBOURG

Rencontre avec Daniela Binda, Directrice des Ressources Humaines, et Pascal Recchia, psychologue du travail, de POST Luxembourg. Découvrez les actions mises en place pour prévenir et guérir ce risque psychosocial qu’est le burn out.

Bulle de Sérénité : « Faites des listes et priorisez »

« Le temps de la réflexion est une économie de temps. »

Publius Syrus

Bien souvent, dans la sphère professionnelle comme dans la vie privée, le nombre de tâches à effectuer s’accumule et on peut rapidement perdre le fil. Par où commencer ? Comment réaliser autant de tâches dans un délai si court ? Que de temps perdu à se lamenter d’avoir trop de choses à faire ! Temps pendant lequel une partie de ces activités pourrait être accomplie.

Mettre les choses à plat

Les journées ne font que 24h et le temps n’est pas extensible, mais on peut en gagner. La condition ? S’organiser. Et lorsque les tâches se multiplient, l’organisation peut passer par l’élaboration de listes. Cette méthode présente plusieurs avantages :

  • Prendre le temps de lister les tâches à faire permet de gagner du temps par la suite ;
  • Éviter les oublis : plus les activités sont nombreuses, et plus les risques d’omission sont importants. Les répertorier réduit donc ce risque ;
  • S’organiser pour répartir ses tâches et ainsi faire les bonnes choses dans le bon ordre ;
  • Éviter de se noyer, grâce à une meilleure visibilité sur les choses à faire ;
  • Se rassurer, être plus serein : une charge de travail est moins effrayante lorsque les tâches sont organisées.

La fameuse « to-do list »

Nombreux sont ceux qui alimentent scrupuleusement leur to-do list au quotidien. Mais combien de tâches s’accumulent sans que les précédentes soient effectuées ? Combien sont inlassablement reportées de listes en listes sans jamais être réalisées ? Au final, une to-do list peut rapidement devenir une source de stress supplémentaire et inutile.

Faire des listes, c’est bien. Mais les structurer, c’est mieux. Pour cela, deux approches sont possibles :

  • La première : regrouper les tâches par contexte, c’est-à-dire par projet ou par type. Cette option donne une meilleure visibilité sur la répartition des tâches à effectuer. Mais avec cette répartition, comment les prioriser ?
  • La seconde possibilité consiste à les classer selon leur priorité. De cette façon, l’urgence des tâches apparaît clairement. Mais difficile alors de replacer les tâches dans leur contexte.

Une solution : fusionner les deux options. En répartissant les tâches par contexte et en y ajoutant une échéance, les avantages des deux types de listes sont conservés.

Concrètement…

Et parce qu’un exemple est toujours plus parlant qu’un long discours, prenons l’organisation d’un grand repas. Invitations, courses, cuisine, décoration, etc. : autant de tâches à gérer pour que tout soit prêt à l’arrivée des invités ! Dans cette situation, la meilleure solution est de dresser une liste des éléments à préparer, en tenant compte à la fois de leur durée de réalisation et de leur échéance. L’ordre de priorité apparaît alors clairement. De cette façon, vous pouvez vous lancer dans l’organisation de ce grand repas l’esprit plus serein !

Courses :

  • décoration
  • ingrédients
  • cadeaux pour les invités

Cuisine :

  • dessert
    (20min de préparation + 5h de repos)
  • plat
    (30min de préparation + 2h de cuisson)
  • apéritif
    (45min de préparation + 15min de cuisson)
  • entrée
    (15min de préparation)

Décoration :

  • dresser la table
  • allumer les bougies

Autre alternative

Et pour une approche plus moderne et plus eco-friendly, on peut également privilégier l’utilisation des calendriers électroniques. En effet, lorsque les tâches s’accumulent, les listes en papier atteignent vite leurs limites. Aussi, réserver des plages horaires dans un agenda virtuel offre un gain de temps considérable. De cette façon, les délais et durées de réalisation de chaque activité sont planifiés. Et vous avez ainsi une meilleure visibilité sur vos projets, vos tâches et leur urgence.

Alors ne perdez plus de temps, faites des listes et priorisez pour être plus sereins !

 

Aliénor Bianchi

Expert in Human Capital Management @ MindForest Group

Concilier changement et bien-être au travail, c’est possible !

Dans toute organisation, le changement est inéluctable. Souvent, il est à l’origine de risques psychosociaux, qui vont avoir un impact sur la santé physique et mentale des collaborateurs. Par conséquent, cela peut nuire au bon fonctionnement de l’organisation.

Comment les organisations devraient estimer ces impacts ? De quelle manière l’approche proposée par Serenity&Healthcare @work accompagne les entreprises ? Quel est le rôle du management dans la démarche ? Les réponses de Laurence Detrembleur, experte en Change Management chez MindForest Group.

Bulle de Sérénité : « Cultivez la patience »


« En cherchant à hâter les choses, on manque le but.
Et la poursuite de petits avantages fait avorter les grandes entreprises. »

Confucius

Dans le monde bouddhiste, la patience est une vertu très estimée, alors que dans notre société matérialiste, elle est mise de côté au profit de l’efficacité et de la rapidité à obtenir ce que l’on souhaite.

De nos jours, des informations et messages provenant du monde entier sont disponibles en quelques clics de souris. Toutefois, la patience s’apprend, et se cultive. Et la tranquillité d’esprit qu’elle procure impacte considérablement notre qualité de vie.

Etre patient n’est pas simple, car cela va à l’encontre de nos réflexes impulsifs qui sont de fuir ou, au contraire, de lutter. Elle requiert donc une certaine discipline pour faire face à ces impulsions. Mais de quelles manières ?

  • Identifiez les déclencheurs d’impatience : dans quelle situation perdez-vous facilement patience ? Avec quelle personne ? Dans quel contexte ? Dressez une liste de toutes les choses qui engendrent des tensions, de l’angoisse, des frustrations. La plupart de ces éléments déclencheurs peuvent être évités, si ils sont anticipés.
  • Evitez d’effectuer plusieurs tâches à la fois : Noreen Herzfeld, professeur d’informatique à l’Université Saint John dans le Minnesota explique : « À la longue, la dispersion affaiblit la capacité de concentration, ce qui érode des qualités comme la patience, la ténacité, le bon sens et la capacité à résoudre les problèmes. ». Au final, la plupart de nos marques d’impatience proviennent du stress. Apprenez donc à éliminer les activités chronophages, à prioriser et à déléguer.
  • Laissez le temps au temps : soyez réaliste et prenez conscience que tout n’arrive pas aussi rapidement que l’on espère. Admettez l’adage « Chaque chose en son temps », même si celui-ci ne correspond pas à vos attentes. Au lieu de vous focaliser sur des situations déclencheurs d’impatience que vous ne maîtrisez pas, identifiez d’autres alternatives. Par exemple, si votre train a du retard ou est supprimé, ne vous lamentez pas et cherchez un autre moyen de transport.
  • Lâchez prise : si aucune alternative ne s’offre à vous, apprenez à lâcher prise. Plus facile à dire qu’à faire, certes. Imaginez : vous trépignez car vous faites la queue à la caisse d’un magasin. Cette situation est bien moins importante que d’attendre une réponse à un entretien d’embauche. Apprenez donc à prendre du recul par rapport à certains contextes qui sont beaucoup plus propices à déclencher du stress et de l’impatience, afin de gérer les situations qui ne sont pas assez importantes pour perdre patience.

Gardez une attitude positive dans la vie de tous les jours. La vie n’est pas une course contre la montre, mais un voyage dont il faut savoir apprécier chaque moment.

Cultivez la patience… Et récoltez la sérénité !

Mélanie Pailot
Expert in Communication @ MindForest

Bulle de Sérénité : « Riez tous les jours »


« Une journée sans rire est une journée perdue »

Charlie Chaplin

Selon une étude réalisée par Monster auprès de 2 099 salariés d’Europe du Sud, dont 1 029 Français, plus d’un tiers de ces derniers rient (ou sourient) pour lutter contre le stress sur leur lieu de travail. Et pour cause…

Les bienfaits du rire sur la santé et le bien-être

  • Il joue le rôle d’antidépresseur, en sécrétant des endorphines et produisant des substances comme la sérotonine (antidépresseur naturel) et la dopamine « hormone du bonheur »[1].
  • C’est un antidouleur, qui réduit les tensions musculaires grâce à la diffusion d’une morphine produite naturellement par le corps.
  • Il favorise une meilleure digestion, en provoquant une gymnastique intestinale qui favorise un bon transit intestinal.
  • Il booste le système immunitaire, en reconstituant les réserves en oxygène de l’organisme.
  • Il aide à lutter contre l’excès de cholestérol, l’hypertension artérielle, les maux de tête, etc. grâce à l’oxygénation du sang.
  • Il permet de combattre les insomnies, en supprimant les tensions de la journée, il permet de s’endormir plus facilement.

Les bienfaits du rire sur les relations sociales

Le rire est aussi un moyen facile et économique pour se sentir mieux armé face à une situation stressante. Le rire n’a pas de frontières, c’est un langage universel et simple qui transmet un message de joie.

Il permet d’entrer plus facilement en relation avec les autres. En riant avec vos amis ou vos collègues, vous contribuez à réduire leur niveau de stress, ce qui favorise encore plus la qualité de vos interactions, et réduit aussi votre propre stress.

Quelques conseils

  • Souriez : le sourire influence votre humeur positivement.
  • Cherchez ou rappelez-vous de situations drôles : souvenirs, livres, films, etc.
  • Riez de vous-même : grâce à l’autodérision, nous nous apercevons souvent que certaines situations peuvent prêter à rire et ne sont pas si graves qu’elles ne paraissent.
  • Riez pour relativiser vos tracas quotidiens.
  • Entourez-vous de personnes avec lesquelles vous aimez rire.
  • Riez grâce à des techniques spécifiques : plusieurs études ont prouvé que le rire intentionnel produisait les mêmes effets physiologiques et psychiques que le rire spontané (le yoga du rire, la sophrologie ludique, etc.).

 

10 à 15 minutes de rire par jour permettraient de se maintenir en bonne santé.
Alors, pour travailler et vivre heureux, riez de bon cœur !

[1] Etude réalisée par le chercheur américain Dean Mobbs, de la Stanford University School of Medicine (2003)

Salariés de la finance stressés : le vent du changement souffle sur le Luxembourg

La peur de perdre son travail est la principale source de stress et de « burn-out » des salariés du secteur financier luxembourgeois. C’est ce que révèle une nouvelle étude de l’Association pour la Santé au Travail du secteur Financier (ASTF) portant sur l’année 2013. Ce phénomène néfaste pour le bien-être, engendre présentéisme, soucis de se rendre indispensable, arrêts de travail prolongés, etc. Sur 1119 salariés entendus, le rapport constate également des problèmes de surpoids et d’obésité, liés à la sédentarité du travail et au manque d’exercice.

Lire le rapport

Paysage des conditions de travail au Luxembourg

Deux travailleurs sur trois déclarent être exposés à des conditions de travail qui pourraient affecter leur santé physique. Ce sont les résultats d’une étude du STATEC, dévoilée dans le Regards de ce mois.

Cette étude fait écho à l’enquête Eurobaromètre publiée récemment qui révèle que, 86% des 502 personnes interrogées jugent les conditions de travail « bonnes » au Grand-Duché de Luxembourg. Résultat à nuancer, car la moitié des répondants estime que celles-ci se sont détériorées depuis ces cinq dernières années.

Le STATEC, quant à lui, nous apprend que 8,1% des travailleurs interrogés déclarent avoir eu des problèmes de santé ces douze derniers mois, contre 3,8% en 2007. Parmi ces problèmes de santé, les plus largement cités sont « le stress, la dépression et l’angoisse », pour ¼ des répondants. D’ailleurs, pour 48% d’entre eux, la pression du temps et la surcharge de travail constituent des risques pour leur santé mentale. Aussi, 12% des sondés citent également comme risques sérieux la discrimination, le harcèlement et le mobbing.

La deuxième place revient aux troubles musculo-squelettiques affectant surtout le dos, avec en moyenne 22% des femmes qui déclarent en souffrir, contre 17% des hommes. Ces résultats varient selon le secteur d’activité. Ces données confortent celles d’Eurobaromètre qui indique que le stress et des mouvements répétitifs ou des positions fatigantes ou douloureuses sont les principaux risques auxquels les travailleurs sont confrontés.

Quant aux mesures adoptées par les entreprises, l’étude Eurobaromètre indique que 58% des travailleurs disposent d’une information et/ou de formations relatives à la sécurité et à la santé, ces dispositifs s’arrêtant là pour la plupart. Ils sont un peu plus de la moitié à affirmer ne pas bénéficier de mesures destinées à prévenir les problèmes de santé et les accidents au travail. Et pour 64%, aucune action n’est mise en place pour adapter le lieu de travail aux personnes plus âgées.

Et pourtant, « protéger et promouvoir les conditions de travail dans l’UE, c’est prendre soin de notre capital humain. Nous possédons un héritage législatif et politique remarquable garantissant de bonnes conditions de travail dont les travailleurs européens se montrent très satisfaits. Mais il y a aussi la crainte, de même qu’un risque réel, que les conditions de travail pâtissent de la crise économique. Avec les États membres et les organisations patronales et syndicales, nous devons redoubler d’efforts pour préserver et améliorer les conditions de travail », a déclaré récemment M. László Andor, le commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion.

Mélanie Pailot
Expert in communication @MindForest

Présentéisme – Un fléau insidieux

Un travailleur présent n’est pas nécessairement un travailleur performant.

Le présentéisme coûterait-il plus cher aux organisations que l’absentéisme ? Selon une enquête menée en 2009 par le Sainsbury Centre au Royaume-Uni[1], le mal causerait 1,8 fois plus de pertes que l’absentéisme. Et 60% des coûts liés au stress émaneraient du présentéisme, contre 40% pour l’absentéisme. À l’échelle européenne, ce coût est par ailleurs estimé à près de 20 milliards d’euros par an.

Bien moins chiffrable que l’absentéisme, le mal sévit dans de nombreuses entreprises. Touchant aussi bien les PME que les grands groupes, ce phénomène quasi-imperceptible a pourtant des conséquences non négligeables.

 

Présence physique – Absence mentale

Éric Gosselin et Martin Lauzier[2], professeurs à l’Université du Québec en Outaouais, ont défini le présentéisme comme « le comportement du

travailleur qui, malgré des problèmes de santé physique ou psychologique nécessitant qu’il s’absente, persiste à se présenter au travail » ou encore comme « la réduction de la performance d’un employé, présent au travail, en raison d’un problème de santé ». Notons que le phénomène doit présenter un caractère chronique pour être qualifié de présentéisme.

Pour faire simple, le présentéisme se traduit par une présence physique accompagnée d’une certaine absence mentale.

Les facteurs

Plusieurs raisons peuvent expliquer le phénomène, particulièrement dans le contexte économique actuel.

La principale cause évoquée est le stress : pression au bureau, urgence des dossiers, accumulation du travail, etc. Parfois, la pression est telle, que

même une courte absence semble inenvisageable. Elle se traduit par une peur de devoir rattraper la charge de travail accumulée pendant la durée de l’absence.

Une autre origine mise en avant est liée à la crainte de perdre son emploi. En effet, à l’heure où les réductions d’effectifs menacent, les collaborateurs soignent leur visibilité au sein de l’entreprise. L’enjeu est de ne manquer aucune information et de ne pas passer à côté d’un projet important.

Enfin, la dernière raison mentionnée concerne plutôt la relation avec les collègues. Elle se manifeste par un sentiment de culpabilité envers les collaborateurs qui pourraient avoir à gérer les dossiers de la personne en son absence. La crainte du jugement par ses pairs en cas d’absence représente également un frein qui encourage le présentéisme.

Les signes

Si le présentéisme est difficile à déceler en amont, certains symptômes sont néanmoins perceptibles.

Le premier est un relatif désengagement, se traduisant par une baisse apparente de motivation : repli sur soi, manque d’implication, pas de projection dans l’avenir, moins de propositions d’idées, baisse de la concentration, etc. Cette démotivation est une forme de démission intérieure.

Les résultats et les performances constituent le deuxième signe. En effet, l’augmentation des erreurs, des accidents et des réclamations clients, ainsi que la baisse de la qualité du travail, de la réactivité et de la productivité témoignent souvent d’un état de santé défavorable. Pas assez malade pour justifier un congé-maladie, mais trop pour réussir à travailler efficacement, le collaborateur malade a alors recours au présentéisme.

Les risques

Le phénomène a des conséquences néfastes, aussi bien pour le collaborateur que pour l’organisation.

Comme évoqué précédemment, il engendre tout d’abord des baisses de productivité, accroît les risques d’erreurs et réduit la qualité du travail fourni. Une menace majeure pour l’entreprise est donc de voir le phénomène s’étendre et se diffuser parmi l’ensemble de ses collaborateurs.

Du côté des présentéistes, les désagréments sont également sérieux. En effet, en persistant à se présenter au travail avec un problème de santé, le collaborateur risque de l’aggraver. En fragilisant son état de santé, il a donc plus de risques de devoir s’absenter plus longtemps par la suite. Les médecins soulignent ainsi qu’il vaut mieux qu’un salarié s’absente deux jours pour se reposer que six mois pour dépression.

Sans oublier le burn-out ! Aussi appelé burn-in, le présentéisme marque le début de l’épuisement professionnel, qui peut à terme aboutir à un burn-out. Il est en outre renforcé par la forte adéquation entre l’état psychologique et l’état physiologique : une personne qui souffre de fatigue émotionnelle aura une santé plus fragile.

Comment lutter contre le présentéisme ?

Malheureusement, le présentéisme étant difficile à déceler, ce sont souvent ses conséquences qui le trahissent. De manière générale, il est néanmoins possible d’améliorer l’environnement de travail pour prévenir en partie le phénomène :

  1. Donner du sens aux collaborateurs. S’ils connaissent la finalité de leurs missions et activités, leur engagement est renforcé. Dans cette optique, les managers doivent faire preuve de leadership pour motiver leurs équipes.
  2. Clarifier les principes et les valeurs qui régissent le fonctionnement de l’organisation. Aucune transgression ne doit être autorisée, car leur non-respect marque souvent le début du désengagement. Pire encore, une différence de traitement entre les collaborateurs peut nuire à leur motivation.
  3. Favoriser le dialogue entre le manager et le collaborateur. Il est important que le responsable assure un encadrement suffisant et un suivi régulier pour pouvoir effectuer des ajustements si besoin (tâches attribuées, charge de travail, etc.). Ce dialogue permet également de déceler d’éventuels signes avant-coureurs du burn-in.
  4. Encourager la collaboration et le travail d’équipe. Lorsque confiance et cohésion règnent, certaines causes du présentéisme sont amoindries.

« Le phénomène est si généralisé qu’on considère qu’il y a plus de travailleurs malades au travail qu’à la maison ! Ce qui est à retenir : un travailleur présent n’est pas nécessairement un travailleur performant » – Éric Gosselin

Aliénor Bianchi
Expert in Human Capital Management @ MindForest


[1] The Sainsbury Centre for Mental Health, Mickael Personage.

[2] Éric Gosselin et Martin Lauzier, Le présentéisme – Lorsque la présence n’est pas garante de la performance, In Revue française de gestion 2011/2 (n° 211), Éditeur : Lavoisier.