Stress : origines et conséquences

Fondateur de la théorie du stress, l’endocrinologue autrichien Hans Selye1 a défini le stress comme une « réaction de l’organisme face aux modifications, exigences, contraintes ou menaces de son environnement ».

Concrètement, le stress s’apparente à un phénomène d’adaptation de l’organisme face à une menace ou à une situation déplaisante, afin de rétablir l’équilibre interne nécessaire à l’individu. Bien sûr, chacun a son propre mode de fonctionnement et les réactions diffèrent donc d’une personne à l’autre, et selon les situations. Par ailleurs, le stress étant avant tout réactionnel, on constate donc qu’il disparaît avec son « stresseur ».

Le schéma suivant illustre le processus psychologique du stress :

 

Les signes corporels du stress

Quiconque ayant déjà été confronté à une situation délicate, aussi bien dans le domaine professionnel que dans la sphère privée, a ressenti les effets du stress. Les types de manifestations sont multiples et si certaines sont légères et peu visibles, d’autres peuvent s’avérer bien plus gênantes.

En voici une liste non exhaustive :

Au niveau physique :

  • Augmentation du rythme cardiaque, palpitations
  • Rougeur, pâleur
  • Transpiration
  • « Chair de poule », « Nœud à l’estomac », « boule d’angoisse »
  • Tremblements
  • Respiration difficile
  • Tension musculaire

Au niveau comportemental :

  • Agitation motrice et mouvements peu coordonnés
  • Répétitions mécaniques de gestes inutiles
  • Agressivité verbale et/ou gestuelle
  • Ralentissement psychomoteur (lenteur des pensées et des gestes)
  • Mouvement de recul, repli sur soi
  • Absence de réaction motrice

Au niveau émotionnel : 

  • Inquiétude
  • Peur, voire sentiment d’insécurité
  • Anxiété diffuse, voire angoisse (mal-être généralisé)
  • Sentiment d’impuissance
  • Surestime de soi et de ses capacités
  • Agacement, irritabilité, voire colère
  • Sentiment de panique
  • Sidération, blocage émotionnel
  • Inhibition

Les réactions face au stress

Dans les années 1980, le psychiatre Louis Crocq a distingué trois réactions habituelles face au stress. Si ces notions s’apparentaient en premier lieu au stress post-traumatique, elles sont en réalité transposables au quotidien :

  • Stress adapté : l’individu a conscience d’être stressé, il sait identifier par lui-même les signes corporels qui en résultent. En plus de cette analyse, il dispose des ressources et des compétences nécessaires pour y faire face et réagir de manière adaptée à la situation.
  • Stress dépassé : comme pour le stress adapté, l’individu est conscient de la situation et du stress qu’elle provoque chez lui, mais n’est pas capable d’y faire face.
  • Stress différé : la personne n’identifie son stress qu’après coup, lorsque l’événement stressant a eu lieu. Elle peut alors être satisfaite d’avoir réussi à l’affronter, mais également éprouver une forme d’insatisfaction puisqu’elle n’a pas été à même de percevoir son stress en amont, et donc d’agir en conséquence.

Prenons l’exemple d’une présentation importante. Madame X a les mains moites et sent sa gorge se nouer. Pour elle pas de doute, elle a le trac. Elle commence donc une série d’exercices de respiration et se sent plus sereine pour affronter la situation. Il s’agit d’une réaction de stress adapté. Dans un contexte similaire, Monsieur Y identifie clairement les signes de son stress, mais ne parvient pas à se détendre avant d’entrer en scène, malgré ses profondes inspirations et l’application de techniques de visualisation positive. On parle alors de stress dépassé. Enfin, Madame Z, qui a des douleurs à l’estomac depuis la veille, croit d’abord à une intoxication alimentaire, jusqu’à ce que tous ses symptômes disparaissent dès la fin de sa présentation. Elle réalise alors que son mal de ventre n’était qu’une manifestation de son stress. C’est le stress différé.

3 réactions face au stress :

 

 

Le stress au travail…

Au quotidien, le travail peut être une source de stress non négligeable. Les principales origines sont :

  • La tâche : la surcharge de travail, l’ambiguïté des responsabilités, la nature des missions, etc.
  • L’organisation du travail : les urgences, les difficultés à gérer son temps, les horaires de travail, etc.
  • La qualité des relations de travail : les tensions, la compétition entre collègues, les relations avec les clients, le harcèlement ou les violences, etc.
  • L’environnement de travail : la technologie, le faible accès aux informations, les difficultés à se concentrer, l’excès ou le manque le contrôle, le manque de reconnaissance ou de récompense ;
  • Le contexte socio-économique : l’incertitude, le manque de compréhension de la stratégie, les changements fréquents, etc.

On distingue souvent le stress positif, qui encourage les personnes à se surpasser et a alors des effets bénéfiques, du stress négatif, qui au contraire aura tendance à limiter les capacités des individus. Il ne s’agit donc pas de bannir toute forme de stress, mais plutôt de profiter de ses bienfaits (à petite dose évidemment !).

Découvrez prochainement nos astuces pour mieux gérer votre stress !

Aliénor Bianchi et Nathalie Michiels
Expertes en Human Capital Management @ MindForest

1 The stress of life – Hans Selye (1956)