Orientation solution : l’essayer, c’est l’adopter 2/2

Les bénéfices de l’orientation solution sont incontestables, mais encore faut-il l’appliquer correctement. En effet, la recherche automatique de solutions ne doit pas se faire au détriment d’une analyse et d’une prise en compte des différents enjeux liés au problème. Il ne s’agit pas d’occulter toutes les faiblesses ! Elles existent, il faut donc composer avec un ensemble de contraintes. Mais comment ?

Votre problème en est-il un ?

Lorsque vous soulevez un problème, peu importe son ampleur, demandez-vous s’il en est réellement un. En effet, les événements ne se déroulent pas toujours de la manière souhaitée, mais tous les contretemps ne sont pas forcément néfastes. Certains peuvent même vous permettre d’aborder une situation différemment, d’une façon que vous n’auriez pas envisagée si le « problème » ne s’était pas présenté. Il vous met donc dans une position inconfortable, mais s’avère finalement positif.

Concrètement, pour identifier le caractère problématique d’un élément, posez-vous cette simple question : « Va-t-il mettre en péril le succès de mon projet ? ». Si la réponse est non, ne vous attardez pas dessus. Chercher à le résoudre reviendrait à lui accorder plus d’importance qu’il en a en réalité et engendrerait un gaspillage de ressources. Au contraire, si la réponse est oui, efforcez-vous de réfléchir à une solution sans perdre de temps.

L’heure de la réflexion

Immanquablement, la recherche de solutions fait émerger des faiblesses ou des freins. Il serait contre-productif de les ignorer. Afin de ne pas les conserver dans un coin de votre tête, et surtout d’éviter les frustrations qui en découleraient, autorisez-vous quelques minutes de défoulement (constructif, bien entendu). Obstacles, personnes réticentes, limites budgétaires, implications particulières, etc. Listez tous les « problèmes » qui vous viennent à l’esprit concernant votre projet. Cette étape est même utile pour aborder la réflexion sur des bases plus positives. Vous pourrez ainsi intégrer ces éléments dans la construction de votre solution. Mais attention, cette phase de défoulement doit être courte. Il n’est pas question de s’étendre indéfiniment sur les aspects négatifs. Une fois passée, il est donc temps de se concentrer sur la résolution du problème.

Dans un premier temps, capitalisez. Afin de trouver une solution pertinente, basez-vous sur vos expériences précédentes, en vous rappelant les prémisses de Steve de Shazer. En effet, si vous avez été confronté à un problème similaire par le passé, vous avez certainement étudié différentes options pour le résoudre. Utilisez donc le fruit de vos propres réflexions ! Ainsi, trois choix s’offrent à vous :

  • mettez la même solution en œuvre, si elle s’est avérée concluante ;
  • choisissez-en une autre, parmi celles qui vous aviez envisagées auparavant ;
  • concevez une solution différente, qui vous semble plus appropriée à la situation.
Focus sur le brainstorming

 

Développée par Alex Osborn[1] en 1939, cette technique est très efficace pour générer un nombre important d’idées. Elle consiste en la résolution créative de problème et est encadrée par un animateur.

 

Prenez donc le rôle de l’animateur, puis fixez un thème ou une question (exemples : Comment améliorer la transmission d’information dans l’équipe ? Comment gérer le souci avec le fournisseur Lambda ? Comment attirer des candidats ?). Laissez libre cours à l’imagination. À ce stade, toutes les suggestions doivent être retenues. Les idées ne doivent pas être bridées !

 

Une fois la génération terminée – à la fin du temps imparti ou lorsque les propositions s’essoufflent – il s’agit de réaliser un tri pour ne conserver que les idées les plus pertinentes. Cette étape peut prendre la forme d’un vote par les participants.

 

Si cette approche est plus productive en groupe grâce aux synergies entre les membres, vous pouvez également l’appliquer en solo pour des questions plus limitées. Vous ne bénéficierez pas de l’apport d’autres personnes, mais vous pourrez néanmoins stimuler votre créativité pour générer des idées.

Dans le cas où plusieurs solutions sont envisageables, le choix de la meilleure est parfois compliqué. La hiérarchisation peut alors faciliter la décision. De manière pragmatique, il s’agit de définir des critères de sélection pour identifier la solution la plus adaptée au problème. Des analyses complémentaires, telles que l’élaboration de scénarios, l’évaluation des risques ou encore l’étude de faisabilité, peuvent être menées pour affiner la réflexion. La méthode des six chapeaux peut également apporter des angles de vue différents pour sélectionner l’option adéquate. Évidemment, cette recherche de solution doit être cohérente avec le degré de complexité de la situation. Aussi, la mise en œuvre de tels moyens n’est justifiée que si le problème est particulièrement ardu ou si ses enjeux sont importants.

Managers, responsabilisez vos collaborateurs

Certaines personnes préfèreront régler un problème par elles-mêmes, d’autres auront pour réflexe immédiat de se tourner vers leur manager. Mais cette attitude n’est a priori pas propice à la prise d’initiative et au développement professionnel. Or, le manager est censé encadrer son équipe et assurer sa gestion quotidienne, tout en favorisant le développement de ses membres. Dès lors, un des défis du chef d’équipe est de trouver un équilibre entre accompagnement et autonomie des collaborateurs.

Ainsi, pour combiner ces deux volets, mieux vaut inciter les employés à trouver une solution à leur problème par eux-mêmes. Pour ne pas perdre la mission d’encadrement, le manager peut demander à ce que l’option envisagée lui soit présentée, puis donner son accord pour sa mise en œuvre. De cette façon, le collaborateur est responsabilisé, sans que son supérieur se décharge de ses attributions.

In fine, l’orientation solution repose davantage sur une manière de penser, sur la façon d’aborder un problème. Si l’approche peut sembler ambitieuse de prime abord, spécialement pour les plus pessimistes, elle est néanmoins accessible à tous. Avec un peu d’entraînement, l’orientation solution deviendra un automatisme et vous permettra de créer une véritable spirale positive !

 

Aliénor Bianchi
Expert in Human Capital Management @ MindForest

 

[1] Publicitaire américain, co-fondateur de l’agence de publicité BDO (devenue BBDO en 1928)