Orientation solution : l’essayer, c’est l’adopter 1/2


« Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions…[1] »
. Vous avez certainement déjà entendu cet adage, mais en connaissez-vous la suite ? La voici : « … L’esprit de l’homme invente ensuite le problème ». C’est là le cœur du problème (n’y voyez aucun mauvais jeu de mots).

En effet, il est souvent plus facile d’identifier des lacunes que de trouver des solutions pour les pallier. À partir de ce point, plusieurs limites émergent : perte de temps, identification de problèmes supplémentaires, freins à l’action, augmentation du stress, etc. Pour mettre fin à ce cercle vicieux, l’orientation solution apparaît alors comme la clé.

De quoi s’agit-il ?

Le concept est relativement simple : au lieu de se focaliser sur les problèmes à résoudre, se concentrer plutôt sur les solutions à apporter. C’est sa mise en application qui s’avère plus compliquée. Il s’agit en effet d’apprendre à aborder les situations de manière plus positive, en se centrant sur l’objectif à atteindre et pas sur les éventuels obstacles.

Ainsi, lorsqu’un souci se présente ou est clairement identifié, l’idée est de chercher immédiatement une solution. Dans la même optique, trouver un moyen pour régler un incident est bien plus fructueux qu’identifier un éventuel coupable. Un problème consomme suffisamment de temps et d’énergie, inutile d’en perdre davantage ! Concentrez-vous donc sur ce qu’il est effectivement possible de faire pour améliorer la situation, avec les moyens disponibles.

 

« Avec des si, on mettrait Paris en bouteille » – Jean-François Alata

 

L’orientation solution est bénéfique à bien des égards, aussi bien dans la vie professionnelle que privée : faire face à un imprévu (incident technique, visite surprise, etc.), trouver une solution pour un client, gérer un dossier difficile, etc. Cette approche est utile dans tous les domaines !

Trois prémisses qui préviendront certains désagréments

Steve de Shazer[2], psychothérapeute américain, est le pionnier de la thérapie brève centrée sur la solution (TBCS). Sa technique met l’accent sur la recherche de solutions et vise à aider les personnes à identifier et à mieux exploiter leurs points forts. Partant de cette philosophie, il a listé trois prémisses de l’approche solution :

  1. If it isn’t brokendon’t fix it (Si ce n’est pas cassé, ne réparez pas) : dans chaque situation, il est relativement facile de pointer des faiblesses. Mais si leur identification n’est pas nécessaire, mieux vaut s’abstenir de les chercher. En effet, le risque est de faire émerger des problèmes secondaires, n’entravant pas la bonne réalisation du projet, mais dont la résolution consommerait une énergie précieuse. Concrètement, si un dysfonctionnement ne nuit pas au projet ou au client, il ne vaut mieux pas tenter de le résoudre. De la même façon, il ne faut pas chercher à optimiser à tout prix un élément qui fonctionne, spécialement si d’autres points mériteraient davantage d’attention.
  2. If it works, do more of it (Si cela fonctionne, faites-le davantage) : on parle souvent de « ne pas réinventer la roue ». Le principe s’applique ici. Ainsi, une solution qui a déjà fait ses preuves a de fortes chances de résoudre un problème similaire. Dans un premier temps, il est donc préférable d’exploiter les options qui ont déjà été expérimentées, avant d’en envisager d’autres. De la même façon, si une méthode semble porter ses fruits, la poursuivre ou la développer davantage peut décupler ses effets.
  3. If it’s not working, do something different (Si cela ne fonctionne pas, faites autre chose) : à l’inverse du point précédent, il s’agit de ne pas s’obstiner à appliquer des solutions qui ne sont manifestement pas efficaces. Si une option n’est pas concluante, mieux vaut l’envisager sous un autre angle ou en trouver une autre. Comme l’a souligné Albert Einstein, « la folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent ». Évitez donc de sombrer dans la folie !

Si cette démarche est initialement issue de la psychologie, elle donne malgré tout des clés utiles pour adopter une orientation solution. Ces trois préceptes, s’ils sont appliqués à bon escient, vous éviteront des pertes de temps inutiles et vous permettront de vous concentrer pleinement sur le développement et la mise en œuvre de solutions adéquates.

 

Aliénor Bianchi
Expert in Human Capital Management @ MindForest

 

[1] Feuillets d’automne – André Gide (1949)

[2] Keys to Solution in Brief Therapy – Steve de Shazer (1985)