Comment faire pour trouver un consensus dans des réunions de prise de décision avec des personnes présentant des intérêts parfois divergents ? La sociocratie offre une solution alternative aux modes de gouvernance traditionnels.

La sociocratie est un mode de prise de décision et de gouvernance qui permet à une organisation, quelle que soit sa taille de s’auto-organiser.

C’est au Pays-Bas que la méthode a été développée par Gerard Endenburg 1. Las des conflits permanents au sein de son comité d’entreprise, il décide de revoir le mode de gouvernance en place et instaure le principe « plus aucune objection argumentée d’aucune personne ».

Ce qui signifie que dans un fonctionnement collectif, l’objection n’est « recevable » que si elle est argumentée. Il appartient ainsi à chaque personne qui objecte, de présenter les arguments de son objection, ainsi que de participer à sa résolution.

L’objectif premier est de développer la co-responsabilisation des acteurs et de mettre l’intelligence collective au service du succès de l’organisation.

La méthode d’organisation en cercles sociocratiques repose sur quatre règles issues de la science de la cybernétique (science de la direction et du contrôle), des théories systémiques et des principes d’intelligence collective.

Les règles de base de la sociocratie 2

  • 1. Le consentement : c’est le mode de prise de décisions d’une organisation sociocratique. Cela signifie aucune objection (zéro objection) motivée par des arguments valables. En d’autres mots dans un cercle sociocratique, aucune décision d’ordre politique (qui affecte le fonctionnement de l’unité et l’organisation du travail) ne sera prise si un des membres y oppose des objections raisonnables. Les décisions quotidiennes ne requièrent pas le consentement des participants parce qu’elles sont généralement prises à l’intérieur de politiques déjà convenues dans le cercle.
  • 2. L’élection des personnes 
 : le choix et l’affectation des personnes dans une fonction ou la délégation d’une tâche se fait sur la base du consentement des membres présents et ce, après une discussion ouverte dans le cercle.
  • 3. Le cercle 
 : l’organisation met en place une structure de prise de décisions constituée de cercles semi-autonomes d’individus. Chaque cercle poursuit un but clairement identifié et organise son fonctionnement comme sous-système de l’organisation. Il est responsable de l’ingénierie de ses processus de travail, qu’il doit définir en termes d’objectifs, d’activités et de mesure des résultats Un cercle établit ses propres politiques sur la base du consentement de ses membres. Il élabore son propre système d’information et d’éducation permanent par la recherche expérimentale, l’enseignement formel et l’apprentissage sur le tas. Les décisions du cercle sont prises à l’occasion de rencontres spéciales aussi appelées cercles de concertation.
  • 4. Le double lien : un cercle est relié au cercle qui lui est immédiatement supérieur par un double lien. Cela signifie qu’au moins deux personnes, le responsable de l’unité de travail et un membre élu par le cercle sont membres du cercle immédiatement supérieur.

La sociocratie est donc un outil qui ne requiert aucune vision idéologique ou politique particulière. Elle rétablit des relations saines entre les individus d’une même organisation qui concourent à un objectif commun et partagé. Son application dans une organisation ne nécessite que très peu de formation. Cependant, comme pour toute nouvelle méthode, elle nécessite à son démarrage une planification rigoureuse et un suivi méticuleux. De plus, pour faire face aux éventuelles réticences du fait de ce changement de structure, il sera opportun de veiller à un accompagnement.

 

ANNOTATIONS
1. (1933-) est un ingénieur néerlandais en électrotechnique. En 1968, il prend la direction de l’entreprise familiale Endenburg Elektrotechniek
2. La sociocratie les forces créatives de l’auto-organisation, John A. Buck et Gérard Endenburg