Interview de Morgane Haessler, présidente de ProRSE

Fin de l’année 2017, l’association ProRSE a vu le jour. Sa présidente, Morgane Haessler nous a accordé une interview pour nous parler de cette initiative et la raison d’être de cette nouvelle association.

MindForest : Pourriez-vous vous présenter brièvement, ainsi que votre rôle au sein de l’association ProRSE ?

Morgane Haessler : Originaire de Strasbourg, j’ai suivi un parcours initial en Droit et Management avant de me spécialiser en Développement durable et RSE en Master 2. J’ai par la suite rejoint l’INDR pour mon stage de fin d’études, et depuis maintenant plus de 5 ans, j’y travaille en tant que chargée de projets.

Depuis novembre 2017 (date du lancement de l’association), je suis la présidente de ProRSE, la 1ère association des professionnels de la RSE au Luxembourg.

« L’une des demandes les plus récurrentes que nous recevions à l’INDR, concernait le partage de bonnes pratiques. »

Pourquoi avoir mis en place l’association ProRSE ?

L’INDR qui est l’Institut National pour le Développement durable et la Responsabilité sociale des entreprises, a pour but de promouvoir la RSE auprès des entreprises luxembourgeoises par la mise à disposition notamment d’outils qui leurs permettent d’assurer leur responsabilité. L’une des demandes les plus récurrentes que nous recevions à l’INDR, concernait le partage de bonnes pratiques. C’est pour répondre à cette demande que ProRSE a été créée. L’objectif est de mettre en relation les acteurs de la RSE mais aussi leur donner la parole. ProRSE se positionne ainsi comme la plateforme pour le partage et la collaboration entre différents acteurs de la RSE, dans le but de faire avancer ensemble la RSE au Luxembourg.

Qui sont ces acteurs ?

Par « acteurs de la RSE » j’entends toutes les personnes qui dans les entreprises sont concernées par les questions liées à la RSE, c-à-d les dirigeants d’entreprise eux-mêmes, mais aussi les responsables RH, les personnes en charge de la qualité, de la sécurité et/ou de l’environnement ou encore le département marketing/communication, les achats… des acteurs aux profils et expériences différents. ProRSE accueille également consultants, conseillers, auditeurs de la

RSE, ou d’autres acteurs, qui eux aussi ont des solutions concrètes à apporter aux entreprises.

ProRSE c’est surtout une association de personnes. Nous encourageons d’ailleurs à ce que plusieurs personnes d’une même entreprise nous rejoignent, pour la simple et bonne raison qu’elles sont souvent plusieurs d’une même entreprise impliquées dans la démarche RSE, au travers d’un comité RSE.

ProRSE compte à l’heure actuelle 53 membres – quasiment tous les secteurs d’activité y sont
représentés –, d’ici à ce que nous fêtions le premier anniversaire de l’association je pense que nous allons approcher la centaine. Pour preuve, le dernier workshop que nous avons organisé a rassemblé plus de 80 personnes.

Comment expliquez-vous ce besoin pour ces acteurs de se rassembler sous l’égide de l’association ProRSE ?

Ces acteurs sont souvent seuls dans leur entreprise à réfléchir et à trouver des solutions aux problématiques qui leurs sont posées en matières de RSE, alors que ce sont des problématiques bien souvent communes aux différentes entreprises, et qui souvent sont, indépendantes de la taille de l’entreprise ou du secteur dans lequel elles évoluent.

En adhérant à ProRSE, les membres participent ainsi au développement de la profession de la RSE au Luxembourg.

Quelles sont les missions de l’association ProRSE, au delà de créer un espace de partage pour les acteurs de la RSE ?

ProRSE s’est donné plusieurs missions :

  • défendre les intérêts communs des professionnels de la RSE ;
  • développer les professions et la qualité des prestations liées à la RSE ;
  • représenter ses membres auprès de groupements d’intérêts et de l’Etat ;
  • définir un cadre déontologique et garantir le respect des pratiques professionnelles ;
  • faciliter les contacts, les échanges d’expériences et la coopération ;
  • améliorer le niveau d’information et de formation professionnelle des membres au travers notamment de rendez-vous mensuels ;
  • favoriser le networking entre les acteurs de la RSE.

L’association a pour but de professionnaliser la RSE au Grand-Duché. En adhérant à ProRSE, les membres participent ainsi au développement de la profession de la RSE au Luxembourg.

Comment décririez-vous l’évolution des pratiques, des mentalités des entreprises et des dirigeants vis-à-vis de la RSE au Luxembourg ?

La prise de conscience s’est généralisée. Les dirigeants d’entreprise ont pris conscience de la responsabilité qu’ils avaient à assurer vis-à-vis de leurs parties prenantes, et ce dans tous les secteurs d’activité.

Il y a de plus en plus d’entreprises qui se donnent les moyens de développer des actions pour créer de la valeur partagée.

Selon vous, quels sont les enjeux pour le développement de la RSE à l’avenir ?

Pour l’avenir, l’enjeu est de faire prendre conscience aux dirigeants qu’ils doivent mettre en place une réelle stratégie RSE afin de donner du sens aux actions RSE engagées par l’entreprise.

La mise en place d’une stratégie RSE va permettre de créer de la valeur aussi bien pour l’entreprise elle-même que pour la société de manière générale. En effet, les entreprises, en développant leur stratégie RSE et donc en développant les actions relatives à celle-ci, doivent réfléchir aux conséquences des actions mises en place i.e. le développement des connaissances dans l’entreprise, l’amélioration des processus internes, la création de la valeur pour ses clients, mais évidemment aussi la création de valeur financière et sociétale.

Pour ce faire, les entreprises doivent déterminer leur responsabilité vis-à-vis de la société de manière générale. Elles doivent effectuer un travail d’identification des impacts de leurs activités mais également des parties prenantes impactées, aussi bien internes qu’externes telles que les clients.

Pour faire ce travail de mise en oeuvre de la stratégie et des actions, il faut bien évidemment des ressources, telles qu’un/e coordinateur/rice. De plus en plus d’entreprises l’ont compris, et mettent même en place des groupes de travail RSE/comités RSE.

« Une entreprise en 2018 n’a plus le choix d’être responsable ou de ne pas l’être ! »

Que diriez-vous aux entreprises hésitantes, voire réticentes à l’idée de mettre en place une stratégie RSE ?

Une entreprise en 2018 n’a plus le choix d’être responsable ou de ne pas l’être !

Petites ou grandes entreprises peuvent, en appliquant une politique RSE, contribuer à la valorisation de la société tout entière.

Une entreprise ne doit jamais oublier que sa pérennité dépend avant tout du capital intangible qu’elle crée. On ne peut gérer une entreprise efficacement en ne pensant qu’à sa seule valeur financière : une entreprise emploie des êtres humains, et la qualité de leur travail dépend en premier lieu du climat dans lequel ils effectuent leurs tâches.

Quels sont les prochains événements ProRSE ?

ProRSE donne rendez-vous à ses membres mensuellement dans le but de thématiser un sujet RSE dans le cadre de meetings constructifs ! Cette plateforme permet aux acteurs de la RSE de présenter leurs initiatives et leurs bonnes pratiques en matière de RSE.

Nous venons tout juste d’organiser avec le Ministre du travail, Nicolas Schmit, la Ministre de l’Egalité des chances, Lydia Mutsch et avec le concours de l’INDR une conférence sur l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, avec notamment une table ronde.

Cet été aura lieu l’Assemblée générale, et en automne nous avons déjà plusieurs thèmes en tête. Plusieurs acteurs ont émis le souhait de partager leurs initiatives ; le but étant de diversifier les thématiques abordées.

Nous organiserons également un workshop dans les prochains temps sur les 17 objectifs pour le Développement Durable, développés par les Nations Unies, car les entreprises s’en inspirent de plus en plus pour organiser leur stratégie RSE.