Infographier, ou comment simplifier sans devenir simpliste

L’infographie est partout. Elle a envahi le Web, les journaux, les manuels scolaires, les guides d’utilisation, les rapports annuels des entreprises, les affiches… Elle permet, si elle est bien faite, d’attirer l’œil du lecteur ou du passant, qui est de moins en moins enclin à la lecture, et de lui délivrer la juste information.

Elle permet de simplifier le propos, en offrant un visuel allant à l’essentiel.

Le risque : à vouloir trop simplifier, de tomber dans le piège du cliché.

C’est ce qui est arrivé cette semaine au site français stop-djihadisme, qui a pour ambition d’alerter sur les premiers signes d’une possible radicalisation djihadiste. En associant des critères trop généralistes (ils changent leurs habitudes alimentaires) à des pictogrammes « clichés » (la baguette de pain), ils ont fait les frais du sarcasme de la presse anglo-saxonne.

Une infographie, c’est de « l’information par le graphisme ». Le graphisme doit se mettre au service de l’information, il doit permettre de la mettre en lumière, sans jamais être gratuit ou là pour faire joli. Il n’est pas là pour distraire ou éloigner le lecteur de sa volonté de s’informer.

Même si l’esthétique reste fondamentale, c’est l’histoire à dérouler qui sous-tend l’ensemble, et qui doit être le point de départ de la construction de l’infographie.

Une bonne infographie doit structurer et hiérarchiser les informations. C’est même cette structure qui va contribuer à rendre l’information plus compréhensible.

Comme un argumentaire bien construit qui comprendrait une introduction pour présenter le contexte, un déroulement structuré en paragraphes guidant le lecteur, des encarts avec des exemples ou des digressions, une conclusion.

A la différence près qu’une infographie est comme un instantané d’informations, et non un texte se déroulant sur plusieurs pages. Cela implique que la hiérarchisation des informations se fasse à la manière de calques superposés.

  • Ainsi au premier regard, le lecteur devra comprendre quel est le sujet principal et ainsi décider ou non d’aller plus loin.
  • Ensuite, son regard devra être guidé par la structure de l’infographie, qui devra être construite de telle sorte qu’elle lui propose un cheminement, comme on raconte une histoire. Le lecteur devra pouvoir identifier par où commencer sa lecture, et comprendre globalement l’articulation du message que l’on souhaite lui délivrer. La fameuse structure « mise dans le contexte – développement – conclusion » du monde de l’écrit reste ainsi valable dans le monde de l’infographie.
  • Enfin, il pourra s’attacher aux textes associés aux visuels, qui permettent de nuancer et d’apporter du détail. Cette légende, qui doit rester courte, est essentielle pour ne pas tomber dans le travers du simplisme. Car à trop vouloir se passer du texte, on en vient à opter pour des images caricaturales qui desservent finalement le discours de fond.

Au final, plus une infographie paraîtra limpide, équilibrée, évidente, plus elle aura nécessité de réflexion et de travail graphique. Comme un texte qui, après un premier jet au style maladroit et aux informations mal amenées, sera nettoyé des informations qui alourdissent l’ensemble et ne sont pas essentielles à la compréhension du lecteur.

Touch of Content produit des infographies pour le monde de l’entreprise, qui souhaite communiquer auprès de ses collaborateurs une stratégie, un bilan annuel.

 

 

by Carole Brochard, responsable Touch of Content.