Focus sur l’Intelligence Collective

intelligence collective MindForest Luxembourg

Depuis plusieurs années, on assiste – dans les collectifs de travail – à l’émergence de notions comme la collaboration/coopération, le partage des connaissances, l’importance de la qualité des interactions entre les membres d’une équipe ou encore le développement de la capacité à la prise d’initiative et à la prise de décision. Et celles-ci prennent de plus en plus de place dans les stratégies organisationnelles des entreprises. Afin d’augmenter leur efficacité et leur performance opérationnelle, certaines d’entre-elles réinventent leurs modes de travail, et passent d’une approche basée sur l’intelligence individuelle vers une intelligence dite « collective ». Outre l’efficacité et la performance des équipes, l’intérêt grandissant envers l’intelligence collective est aussi étroitement lié à la complexité croissante des problèmes rencontrés par les entreprises.

Aujourd’hui, la plupart des auteurs soulignent le fait qu’elle représente un enjeu important pour le bon fonctionnement des organisations.

Mais que signifie réellement cette notion d’intelligence collective ? Comment la repérer ? Et surtout, comment la développer au sein des organisations pour en améliorer le fonctionnement ?

De quoi s’agit-il exactement ?

Apparue à la fin du 20ème siècle, la notion d’intelligence collective appliquée au monde de l’Entreprise s’inspire des études réalisées sur l’intelligence collective animale. En effet, dans les années 1980 des scientifiques mettent en évidence l’intelligence collaborative des fourmis et des abeilles. Dans un ouvrage paru en 1994, Pierre Lévy[1] désigne l’intelligence collective comme la capacité d’une communauté à faire converger intelligence et connaissances pour avancer vers un but commun, résultant de la qualité des interactions entre ses membres.

Comment repérer l’intelligence collective au sein du fonctionnement des organisation ?

L’intelligence collective va être déterminée par plusieurs composantes. La première est définie par trois éléments :

  • la compréhension qui fait référence à une représentation commune de la tâche ;
  • la réflexion collective qui se réfère à l’apprentissage et donc à l’acquisition de savoirs communs ;
  • la décision collective qui est liée au fait que les connaissances des membres de l’équipe ont permis la construction de la décision commune.

La deuxième composante est relationnelle. C’est celle qui permet au collectif de tisser des liens et ainsi de collaborer ensemble.

Enfin, la troisième composante de l’intelligence collective est systémique et englobe les deux composantes précédentes. En effet, si l’on considère une organisation fonctionnant comme un système qui se soucie de son environnement interne et externe, il faut tenir compte de l’efficacité du fonctionnement interne mais aussi de l’efficacité de la structure interne d’encadrement.

En résumé, les facteurs principaux qui permettent de repérer la pratique de l’intelligence collective au sein d’une organisation sont : l’autonomie d’une équipe et celle des individus qui la compose, la capacité des membres d’un groupe à tisser des liens et avoir confiance les uns envers les autres, et la capacité de la structure hiérarchique à savoir gérer et suivre les fonctionnements des pratiques collaboratives.

Comment la mobiliser ?

Tout d’abord, l’intelligence collective doit être souhaitée et partagée au sein d’une organisation. Il est donc nécessaire d’abandonner certains « vices » comme la rétention d’informations qui, dans la croyance « traditionnelle » donne une illusion de pouvoir, ou encore ne plus croire que « les autres » ne sont pas capables de comprendre les informations que l’on détient.

Un autre point essentiel est l’implémentation et la pérennisation de pratiques collaboratives. L’intelligence collective se développe par l’apprentissage en petits groupes qui collaborent par exemple pour faire face à une situation de travail ou pour résoudre un problème donné. Les pratiques collaboratives permettent donc de se poser des questions et de chercher des réponses ensemble dans le but de prendre une décision. Mais avant de pouvoir implémenter ces pratiques, il faut d’abord :

  1. S’intéresser à la place de l’individu dans le collectif. Un individu va d’avantage exprimer son potentiel (ressources personnelles, compétences, expériences) s’il se sent appartenir au collectif.
  2. Créer un fonctionnement propice au partage des connaissances/compétences afin de pouvoir les mutualiser. Pour cela, il faut sensibiliser les personnes à la nécessité de changer de comportement (afin qu’elles soient désireuses d’utiliser leur potentiel au service d’un intérêt collectif), de créer de la confiance (afin de cultiver un esprit collaboratif) et de créer des liens (mettre de côté ses propres objectifs au profit d’objectifs communs).

Mettre en place des pratiques collaboratives permet à un collectif de travail de : Croiser les expertises / Bénéficier d’autres points de vue / Ouvrir ses perspectives / Faire émerger de nouvelles solutions

Quelle que soit votre position dans l’organisation (CEO, DRH ou encore manager opérationnel), si vous souhaitez miser sur l’intelligence collective il est nécessaire de mettre en place des outils et d’activer des leviers qui vont favoriser le travail collaboratif :

  • La mise en place d’un réseau d’ambassadeurs du changement ;
  • L’aménagement d’espaces collaboratifs (comme nous l’avons fait dans les locaux de MindForest avec l’installation du Deck au dernier étage) ;
  • La formation de communautés de pratique ou de groupes de co-développement.

Plus concrètement il est par exemple possible de

  • Impliquer les collaborateurs dans l’amélioration de la vie de l’entreprise (ex : renforcement des initiatives de développement durable, la définition des valeurs de l’entreprise, l’amélioration de son intranet, etc.)
  • Favoriser les interactions entre les collaborateurs des différents services (ex : mettre en place des temps de retour d’expérience et/ou de réflexion collective afin d’améliorer le travail d’équipe et d’augmenter l’efficacité opérationnelle) ;
  • Multiplier les temps collectifs informels pendant les heures de travail (ex : organiser des petit-déjeuner de temps en temps, des ateliers qui portent sur une thématique bien précise, des team buildings, etc.).

Ces recommandations constituent de petites actions qui devront être réalisées de façon plus ou moins régulière afin de maintenir un esprit d’équipe et de nourrir ce travail collaboratif.

[1] L’intelligence collective. Pour une anthropologie du cyberespace – Pierre Lévy (1994)
[2] https://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2007 [accessed Feb. 5, 2021]
[3] https://www.cairn.info/revue-questions-de-management-2019 [accessed Feb. 5, 2021]

Vous souhaitez vous appuyer sur l’intelligence collective ?

Chez MindForest nous pouvons vous soutenir dans l’identification de vos atouts existants, et vous accompagner dans la mise en place d’outils et de pratiques collaboratives, afin de faire de l’intelligence collective un réel atout pour votre équipe.

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