Paysage des conditions de travail au Luxembourg

Deux travailleurs sur trois déclarent être exposés à des conditions de travail qui pourraient affecter leur santé physique. Ce sont les résultats d’une étude du STATEC, dévoilée dans le Regards de ce mois.

Cette étude fait écho à l’enquête Eurobaromètre publiée récemment qui révèle que, 86% des 502 personnes interrogées jugent les conditions de travail « bonnes » au Grand-Duché de Luxembourg. Résultat à nuancer, car la moitié des répondants estime que celles-ci se sont détériorées depuis ces cinq dernières années.

Le STATEC, quant à lui, nous apprend que 8,1% des travailleurs interrogés déclarent avoir eu des problèmes de santé ces douze derniers mois, contre 3,8% en 2007. Parmi ces problèmes de santé, les plus largement cités sont « le stress, la dépression et l’angoisse », pour ¼ des répondants. D’ailleurs, pour 48% d’entre eux, la pression du temps et la surcharge de travail constituent des risques pour leur santé mentale. Aussi, 12% des sondés citent également comme risques sérieux la discrimination, le harcèlement et le mobbing.

La deuxième place revient aux troubles musculo-squelettiques affectant surtout le dos, avec en moyenne 22% des femmes qui déclarent en souffrir, contre 17% des hommes. Ces résultats varient selon le secteur d’activité. Ces données confortent celles d’Eurobaromètre qui indique que le stress et des mouvements répétitifs ou des positions fatigantes ou douloureuses sont les principaux risques auxquels les travailleurs sont confrontés.

Quant aux mesures adoptées par les entreprises, l’étude Eurobaromètre indique que 58% des travailleurs disposent d’une information et/ou de formations relatives à la sécurité et à la santé, ces dispositifs s’arrêtant là pour la plupart. Ils sont un peu plus de la moitié à affirmer ne pas bénéficier de mesures destinées à prévenir les problèmes de santé et les accidents au travail. Et pour 64%, aucune action n’est mise en place pour adapter le lieu de travail aux personnes plus âgées.

Et pourtant, « protéger et promouvoir les conditions de travail dans l’UE, c’est prendre soin de notre capital humain. Nous possédons un héritage législatif et politique remarquable garantissant de bonnes conditions de travail dont les travailleurs européens se montrent très satisfaits. Mais il y a aussi la crainte, de même qu’un risque réel, que les conditions de travail pâtissent de la crise économique. Avec les États membres et les organisations patronales et syndicales, nous devons redoubler d’efforts pour préserver et améliorer les conditions de travail », a déclaré récemment M. László Andor, le commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion.

Mélanie Pailot
Expert in communication @MindForest