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[Book Review] Manager par les équilibres

Après le management par les objectifs et le management par les compétences, la troisième vie du management est désormais : le management par les équilibres. Jérôme Ballarin, l’auteur de ce livre, introduit le concept de management par les équilibres avec un style simple et concis dans la première partie, puis offre une boîte à outils, encourageant les personnes à redéfinir leur style de management, dans la seconde partie.

« L’être humain est un écosystème qui trouve son équilibre dans une pluralité de sphères d’épanouissement (…) »

L’auteur se base sur cette conviction et recommande le management par les équilibres en tant que nouvelle voie de progrès pour le management en entreprise. En raison de récentes transformations sociétales, comme par exemple l’individualisation des comportements, l’augmentation de la pression des délais, ou encore l’omniprésence des technologies digitales, on a vu apparaître un accroissement des déséquilibres au travail : risques psychosociaux, burnout, bureauphobie, ou encore le concept de « workaholism ». Face à ces phénomènes et changements, les entreprises doivent abandonner les schémas de management obsolètes et adopter de nouveaux styles plus efficaces, afin de veiller à la qualité et au bien-être au travail.

Le but du management par les équilibres est de répondre aux besoins des collaborateurs en leur permettant de trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle. L’humanisation du management et la quête d’équilibres durables chez les collaborateurs font donc progressivement partie des priorités stratégiques. Il ne s’agit plus de considérer les collaborateurs uniquement dans la sphère professionnelle, mais de les considérer comme des écosystèmes recherchant un équilibre entre une pluralité infinie de sphères d’épanouissement (par ex. : sphère corporelle, affective, professionnelle, éthique, etc.). Afin d’éviter ce que Jérôme Ballarin appelle la « tyrannie de l’équilibre », il ne faut pas oublier qu’un équilibre dynamique est soumis à des processus d’ajustement.

« En permettant à chaque collaborateur de faire vivre sa propre équation d’équilibre de vie, l’entreprise reçoit en retour engagement, contribution, efficience et résultats. »

Le management par les équilibres connaît un double enjeu : de nombreuses études ont montré que l’investissement dans le bien-être et la qualité de vie au travail est économiquement rentable. Pour que les entreprises réussissent dans le contexte économique et dans l’environnement concurrentiel, il leur faut des collaborateurs engagés, créatifs et innovants. D’ailleurs, le mal-être au travail et l’épuisement ont un effet négatif sur la productivité et le moral des collaborateurs. Mettre les équilibres humains au sein du management de l’entreprise peut donc apporter du positif à l’entreprise : libération des énergies, regain du sens du travail, accroissement d’engagement et de dynamisme, et mobilisation des collaborateurs.

Manager par les équilibres permet aux organisations d’améliorer leurs résultats sur différents leviers de performance, comme par exemple la création et l’innovation, la performance commerciale et la relation client, ou encore l’efficience collective. Ainsi les collaborateurs au sein d’un écosystème bien équilibré, qui est respecté par l’organisation du travail, produiront de meilleurs résultats que des employés stressés, fatigués et démotivés.

Enfin, plus concrètement, Jérôme Ballarin offre des suggestions tangibles dans les cinq derniers chapitres, où il traite des pistes d’amélioration et propose des « idées boussoles », ainsi que des fiches d’action sources d’inspiration pour mettre en place un management par les équilibres. Cette seconde partie du livre traite, par exemple, du changement du paradigme managérial, de la réorganisation du travail pour concilier l’individu et le collectif, ou encore de l’apprentissage pour gérer le stress, la fatigue et les émotions.

Ainsi, le livre « Manager par les équilibres » donne un premier aperçu de ce nouveau style de management, tout en offrant un bon équilibre entre la partie théorique et la partie consacrée aux suggestions pratiques.

 

Sarah Muller

 

Manager par les équilibres – Le bien-être des collaborateurs au service de l’efficacité collective

de Jérôme Ballarin

Editeur: Vuibert (mai 2015)

ISBN: 987-2-311-62127-3

 

 

 

 

Psychologie environnementale : l’harmonie entre l’homme et son environnement

Les années 1970[1] marquent l’émergence de nouvelles préoccupations au sein de la société. Les individus prennent alors conscience de l’importance de la dimension humaine dans l’aménagement de l’environnement au sens large. La psychologie environnementale est née !

Qu’est-ce que la psychologie environnementale ?
Gabriel Moser, professeur émérite à l’Institut de psychologie de l’Université Paris Descartes, définit la psychologie environnementale comme « l’étude des interrelations entre l’individu et son environnement physique et social, dans ses dimensions spatiales et temporelles[2] ».

La psychologie environnementale vise donc à optimiser les conditions sociales et environnementales essentielles au bien-être des individus.

Une relation bilatérale
La relation individu-environnement a un caractère dynamique et réciproque. En effet, si l’homme agit sur l’environnement qui l’entoure, ses propres perceptions et comportements sont également influencés par l’environnement lui-même. La notion d’interaction prend alors tout son sens.

En lien avec le développement durable, la psychologie environnementale a pour objectif principal d’améliorer cette relation socio-environnementale, en considérant trois facteurs :

1)     Le degré de contrôle de l’environnement par l’individu, qui est actif et transforme ses espaces.
2)     Le sentiment d’appartenance, c’est-à-dire l’identification de la personne à l’espace dans lequel elle évolue.
3)     L’appropriation environnementale, désignée par les pratiques et les rapports que l’individu entretient avec son environnement.

À chaque environnement son aménagement
Selon le type d’espace, la relation entre l’individu et l’environnement prendra différentes formes. Et les aménagements préconisés par la psychologie environnementale seront adaptés en conséquence.

On distingue quatre types d’environnements, du plus restreint au plus général :

–       Espace privé, privatif ou personnel : il désigne le domicile et le poste de travail.
–       Territoire partagé de proximité et espace semi-public : il s’agit de l’immeuble d’habitation, du lieu de travail, des espaces institutionnels, des commerces de proximité, etc.
–       Environnement collectif : espaces publics urbains et ruraux.
–       Environnement global : l’échelle planétaire.

Si la relation est directe dans l’espace privé, elle est bien moins envisageable dans l’environnement global. Ainsi, l’objectif de la psychologie environnementale à l’échelle mondiale est d’encourager les comportements bénéfiques à l’environnement, en favorisant la compréhension des enjeux mondiaux. À l’inverse, dans la sphère privative, les actions sont plus ciblées et visent plutôt une appropriation des espaces par les individus.

L’aménagement des espaces de travail, un enjeu pour le bien-être des collaborateurs
« L’adaptation au travail ne se réduit pas à la simple assimilation d’une fonction, mais elle comporte aussi une insertion spatiale dans un milieu concret. »

G. Fischer (1989)[3]

La qualité de vie d’un individu au travail est fortement influencée par ses relations avec son environnement professionnel. Celui-ci désigne à la fois les rapports entretenus avec les autres (collègues, supérieurs hiérarchiques, clients, etc.), et l’environnement de travail au sens physique du terme.

Chaque individu a son propre espace de travail, qu’il crée et s’approprie (en décorant son poste de travail par exemple), mais la psychologie environnementale envisage cette relation socio-environnementale à plus grande échelle. En effet, afin de favoriser l’identification au lieu de travail, il s’agit de penser son aménagement pour le rendre contrôlable et appropriable par les collaborateurs.

Une meilleure appropriation de l’environnement de travail ayant des impacts positifs sur la concentration, la créativité et la productivité des employés[4], une organisation a donc tout intérêt à aménager ses locaux pour favoriser la relation individu-environnement !

Aliénor Bianchi
Expert in Human Capital Management @ MindForest

 

[1] An Introduction to Environmental Psychology, W. Ittelson, H. Proshansky, L. Rivlin, G. Winkel (1974)
[2] Espaces de vie : Aspects de la relation homme-environnement, G. Moser, K.Weiss (2003)
[3] Psychologie des espaces de travail, G. Fischer (1989)
[4] Quality of the working environment and productivity, European Agency for Safety and Health at Work (2004)