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La sécurité c’est la santé

Les bienfaits d’une culture de sécurité au travail

La sécurité, la santé, et le bien-être au travail sont des enjeux majeurs de performance économique et durable. Cependant la diversité des risques à prendre en compte (pénibilité au travail, risques professionnels, psychosociaux, ergonomie, etc.) rend souvent complexe la mise en place d’une démarche durable et cohérente.

Employeurs et collaborateurs ont un rôle essentiel à jouer dans la prévention de la sécurité et des risques psychosociaux (stress, etc.). Si les employeurs sont tenus d’évaluer les risques et de mettre en place des actions pour les prévenir, les collaborateurs doivent aussi suivre strictement les mesures de santé et de sécurité adaptées par leur employeur, mais également pour aider à éviter les accidents.

La mise en place de mesures de prévention représente donc un enjeu économique fort pour les entreprises. De plus, l’évaluation de ces risques et la recherche de mesures de prévention adaptées peuvent conduire à une remise en question des processus qui sera bénéfique pour les organisations en leur offrant :

  • Un gain de productivité,
  • Une diminution du coût direct des accidents du travail,
  • Une baisse de l’absentéisme,
  • Une diminution des pertes ou du manque à gagner pour l’entreprise.

La sécurité : un enjeu social et humain

Une démarche de prévention sécurité, bien-être et santé, peut donc garantir de bonnes conditions de travail et un climat social apaisé. L’entreprise bénéficie ainsi d’une meilleure image de marque, ce qui la rend également attractive pour les collaborateurs et favorise le recrutement.

Il s’agit donc d’un véritable enjeu social et humain permettant :

  • d’assurer la santé et la sécurité des collaborateurs,
  • d’anticiper l’usure professionnelle,
  • de diminuer les pénibilités physiques et morales des collaborateurs,
  • de fédérer et de fidéliser les collaborateurs,
  • d’améliorer les conditions de travail,
  • de diminuer l’absentéisme et les accidents de travail.

De son côté, l’employeur a le devoir d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de ses employés. Pour cela, il doit :

  • réaliser des actions de prévention des risques professionnels,
  • réaliser des actions d’information et de formation,
  • mettre en place une organisation et des moyens adaptés.

Toutefois, si l’employeur a ce devoir de protection sur les collaborateurs, ces derniers doivent également prendre part à la démarche de prévention des risques professionnels et des risques psychosociaux et prendre soin de leur santé et de leur sécurité, ainsi que de celles de leurs collègues de travail.

 

Christelle Brignoli, Responsable Serenity&Healthcare @work

Paysage des conditions de travail au Luxembourg

Deux travailleurs sur trois déclarent être exposés à des conditions de travail qui pourraient affecter leur santé physique. Ce sont les résultats d’une étude du STATEC, dévoilée dans le Regards de ce mois.

Cette étude fait écho à l’enquête Eurobaromètre publiée récemment qui révèle que, 86% des 502 personnes interrogées jugent les conditions de travail « bonnes » au Grand-Duché de Luxembourg. Résultat à nuancer, car la moitié des répondants estime que celles-ci se sont détériorées depuis ces cinq dernières années.

Le STATEC, quant à lui, nous apprend que 8,1% des travailleurs interrogés déclarent avoir eu des problèmes de santé ces douze derniers mois, contre 3,8% en 2007. Parmi ces problèmes de santé, les plus largement cités sont « le stress, la dépression et l’angoisse », pour ¼ des répondants. D’ailleurs, pour 48% d’entre eux, la pression du temps et la surcharge de travail constituent des risques pour leur santé mentale. Aussi, 12% des sondés citent également comme risques sérieux la discrimination, le harcèlement et le mobbing.

La deuxième place revient aux troubles musculo-squelettiques affectant surtout le dos, avec en moyenne 22% des femmes qui déclarent en souffrir, contre 17% des hommes. Ces résultats varient selon le secteur d’activité. Ces données confortent celles d’Eurobaromètre qui indique que le stress et des mouvements répétitifs ou des positions fatigantes ou douloureuses sont les principaux risques auxquels les travailleurs sont confrontés.

Quant aux mesures adoptées par les entreprises, l’étude Eurobaromètre indique que 58% des travailleurs disposent d’une information et/ou de formations relatives à la sécurité et à la santé, ces dispositifs s’arrêtant là pour la plupart. Ils sont un peu plus de la moitié à affirmer ne pas bénéficier de mesures destinées à prévenir les problèmes de santé et les accidents au travail. Et pour 64%, aucune action n’est mise en place pour adapter le lieu de travail aux personnes plus âgées.

Et pourtant, « protéger et promouvoir les conditions de travail dans l’UE, c’est prendre soin de notre capital humain. Nous possédons un héritage législatif et politique remarquable garantissant de bonnes conditions de travail dont les travailleurs européens se montrent très satisfaits. Mais il y a aussi la crainte, de même qu’un risque réel, que les conditions de travail pâtissent de la crise économique. Avec les États membres et les organisations patronales et syndicales, nous devons redoubler d’efforts pour préserver et améliorer les conditions de travail », a déclaré récemment M. László Andor, le commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion.

Mélanie Pailot
Expert in communication @MindForest