Dans un contexte d’innovation intensive, la conception de nouveaux produits constitue un gage de performance majeur pour l’entreprise. La gestion de projet joue un rôle central dans ce processus car le mode projet reste en effet la façon la plus efficiente d’organiser les processus d’innovation.

Pour autant, il faut bien reconnaître les limites des approches dominantes en matière de gestion de projet, peu adaptées aux projets innovants. En effet, les critères de conformité vis-à-vis de délais stricts et de budget prédéfini, tout comme l’idée de partir de buts clairement pré-établis, ne collent pas véritablement avec les caractéristiques des projets innovants.

L’approche dominante, le modèle Stage-Gate 

A la fin des années 80, Robert G. Cooper et Scott Edgett créent le modèle « Stage-Gate » qui permet de passer de la génération d’idée au lancement du produit en décomposant le processus d’innovation en cinq grandes étapes :

  • Evaluation de l’idée et de la faisabilité
  • Construction du business case
  • Développement et conception du produit, élaboration du plan de production et du plan de lancement
  • Tests et validation en laboratoire, étude de marché
  • Lancement, production et assurance qualité

Chaque étape est validée par une porte (gate) qui permet de contrôler l’état du projet en termes de coûts, délais, risques actuels et futurs, contrôle qualité et implication des équipes. Les forces de ce modèle reposent sur la structuration des projets et une élimination des erreurs au fil des étapes.

Quelques limites

Cette approche largement répandue dans les entreprises ne permet toutefois pas de prendre en compte le caractère exploratoire présent plus ou moins fortement dans les projets d’innovation. Ce côté exploratoire rend ceux-ci complexes à gérer puisque pour certains projets, ni les buts ni la manière de les atteindre ne sont clairement établis. « Dans un projet d’innovation, on ne gère pas la convergence vers un objectif défini ex ante » (C. Midler, 2008). Dans un projet d’innovation, les objectifs à atteindre que ce soit en termes de produit ou de connaissances à acquérir, se précisent au fur et à mesure en l’absence de demande explicite de la part des clients et donc en l’absence d’un marché bien identifié.