Psychologie environnementale : l’harmonie entre l’homme et son environnement

Les années 1970[1] marquent l’émergence de nouvelles préoccupations au sein de la société. Les individus prennent alors conscience de l’importance de la dimension humaine dans l’aménagement de l’environnement au sens large. La psychologie environnementale est née !

Qu’est-ce que la psychologie environnementale ?
Gabriel Moser, professeur émérite à l’Institut de psychologie de l’Université Paris Descartes, définit la psychologie environnementale comme « l’étude des interrelations entre l’individu et son environnement physique et social, dans ses dimensions spatiales et temporelles[2] ».

La psychologie environnementale vise donc à optimiser les conditions sociales et environnementales essentielles au bien-être des individus.

Une relation bilatérale
La relation individu-environnement a un caractère dynamique et réciproque. En effet, si l’homme agit sur l’environnement qui l’entoure, ses propres perceptions et comportements sont également influencés par l’environnement lui-même. La notion d’interaction prend alors tout son sens.

En lien avec le développement durable, la psychologie environnementale a pour objectif principal d’améliorer cette relation socio-environnementale, en considérant trois facteurs :

1)     Le degré de contrôle de l’environnement par l’individu, qui est actif et transforme ses espaces.
2)     Le sentiment d’appartenance, c’est-à-dire l’identification de la personne à l’espace dans lequel elle évolue.
3)     L’appropriation environnementale, désignée par les pratiques et les rapports que l’individu entretient avec son environnement.

À chaque environnement son aménagement
Selon le type d’espace, la relation entre l’individu et l’environnement prendra différentes formes. Et les aménagements préconisés par la psychologie environnementale seront adaptés en conséquence.

On distingue quatre types d’environnements, du plus restreint au plus général :

–       Espace privé, privatif ou personnel : il désigne le domicile et le poste de travail.
–       Territoire partagé de proximité et espace semi-public : il s’agit de l’immeuble d’habitation, du lieu de travail, des espaces institutionnels, des commerces de proximité, etc.
–       Environnement collectif : espaces publics urbains et ruraux.
–       Environnement global : l’échelle planétaire.

Si la relation est directe dans l’espace privé, elle est bien moins envisageable dans l’environnement global. Ainsi, l’objectif de la psychologie environnementale à l’échelle mondiale est d’encourager les comportements bénéfiques à l’environnement, en favorisant la compréhension des enjeux mondiaux. À l’inverse, dans la sphère privative, les actions sont plus ciblées et visent plutôt une appropriation des espaces par les individus.

L’aménagement des espaces de travail, un enjeu pour le bien-être des collaborateurs
« L’adaptation au travail ne se réduit pas à la simple assimilation d’une fonction, mais elle comporte aussi une insertion spatiale dans un milieu concret. »

G. Fischer (1989)[3]

La qualité de vie d’un individu au travail est fortement influencée par ses relations avec son environnement professionnel. Celui-ci désigne à la fois les rapports entretenus avec les autres (collègues, supérieurs hiérarchiques, clients, etc.), et l’environnement de travail au sens physique du terme.

Chaque individu a son propre espace de travail, qu’il crée et s’approprie (en décorant son poste de travail par exemple), mais la psychologie environnementale envisage cette relation socio-environnementale à plus grande échelle. En effet, afin de favoriser l’identification au lieu de travail, il s’agit de penser son aménagement pour le rendre contrôlable et appropriable par les collaborateurs.

Une meilleure appropriation de l’environnement de travail ayant des impacts positifs sur la concentration, la créativité et la productivité des employés[4], une organisation a donc tout intérêt à aménager ses locaux pour favoriser la relation individu-environnement !

Aliénor Bianchi
Expert in Human Capital Management @ MindForest

 

[1] An Introduction to Environmental Psychology, W. Ittelson, H. Proshansky, L. Rivlin, G. Winkel (1974)
[2] Espaces de vie : Aspects de la relation homme-environnement, G. Moser, K.Weiss (2003)
[3] Psychologie des espaces de travail, G. Fischer (1989)
[4] Quality of the working environment and productivity, European Agency for Safety and Health at Work (2004)