Innovation : avez-vous pensé au Lean Startup ?

« Aucun modèle d’affaires ne survit au premier contact avec le client ! » déclarait Steve Blank, père du Customer Development et Professeur à Stanford.

Maximiser l’apprentissage et minimiser ses dépenses

Inspiré des principes du Lean Management, apparu à la fin des années 80 dans l’industrie automobile japonaise, le Lean Startup repose sur deux leviers d’action : aller vite (mais sans précipitation) et aller à l’essentiel en se concentrant avant tout sur ce qui marche (Minimum Viable Product).

Le constat de départ du Lean Startup consiste en la méconnaissance par les entrepreneurs des besoins et du profil de leurs futurs clients. Dès lors, le risque est grand d’épuiser ses ressources à créer un produit qui in fine ne rencontre pas les attentes du marché. Pour pallier ce problème, la méthodologie Lean Startup défend l’idée de valider très rapidement, et à moindre coût, l’offre auprès de clients potentiels en confirmant ou en infirmant un maximum d’hypothèses, ce qui permet par un processus itératif de redéfinir l’offre jusqu’à trouver son « product-market fit ».

La démarche Lean Startup s’appuie sur 4 grands principes :

  • Construire un MVP : il s’agit de développer un prototype d’abord très rudimentaire, puis de plus en plus sophistiqué. Le terme MVP  (produit minimum viable) “souligne bien que le prototype doit être aussi basique que possible – afin d’éviter les coûts inutiles – tout en restant néanmoins viable, c’est-à-dire que ses bénéfices supposés soient clairement visibles pour l’utilisateur[1]”.
  • Collecter des données quantitatives concernant l’utilisation du prototype et des feedback qualitatifs : en fonction des résultats obtenus, il sera peut-être nécessaire d’effectuer un « pivot », c’est-à-dire un changement de trajectoire afin de rencontrer les attentes du marché. Cette nouvelle direction correspond à une nouvelle hypothèse qui devra être testée par un nouveau MVP.
  • Apprendre : l’apprentissage s’opère par une succession rapide d’itérations dans lesquelles le client potentiel occupe une position centrale. C’est bien l’expérience qui permet d’acquérir une bonne connaissance du client.
  • Gérer ses ressources : il s’agit de minimiser ses coûts tout au long du processus itératif.

On l’aura compris, l’expérience réelle occupe une position centrale dans la méthodologie Lean Startup, car c’est au cours de l’expérience que s’observe l’adoption ou non du nouveau produit et que l’on peut dégager de nouvelles orientations. 

Le Lean Startup, pour les grandes entreprises en quête d’agilité

Aujourd’hui les grandes entreprises sont de plus en plus nombreuses à adopter la méthodologie Lean Startup, que ce soit pour équiper les équipes innovation de méthodes ou pour soutenir les product managers dans la compréhension des besoins clients. Les incubateurs internes s’inscrivent également dans ce prolongement, car ils permettent de passer d’un prototype à un produit et ils rendent vivante et pérenne la culture entrepreneuriale à l’intérieur de l’entreprise.

L’engouement actuel pour le Lean Startup traduit bien les paramètres de cette culture de l’innovation en émergence : centrage sur l’expérience de l’utilisateur davantage que sur les produits, questionnement sur le besoin, mode essai-erreur, ouverture à l’inconnu et tolérance de l’échec.

Les conseils pour la mettre en place : adoptez une approche expérimentale, instaurer des cycles Construire-Mesurer-Apprendre, interagir avec de vrais utilisateurs, créer de petites équipes multidisciplinaires.

[1] Terseleer Alexandre, Witmeur Olivier, « Lean Startup : mode ou nouvelle bonne pratique ?. », Entreprendre & Innover 3/2013 (n° 19) , p. 21-28.