Communautés de pratique et RSE : quels bénéfices en attendre ?

Si à l’origine les communautés de pratique (CP) se définissaient comme de petits groupes informels et non reconnus, la tendance aujourd’hui est au pilotage, aux groupes mis en place intentionnellement et cultivés pour atteindre un but précis.

Ces groupes atypiques, en marge des structures hiérarchiques formelles, se sont développés dans les années 2000 parallèlement à l’adoption du mode projet comme mode de fonctionnement dominant dans les grandes entreprises. Leurs membres s’y engagent pour des activités de résolution de problèmes, de dialogue entre pairs et de partage de connaissances en fonction d’intérêts communs, de valeurs communes. La motivation individuelle à participer aux échanges des communautés apparaît donc essentielle pour la survie et le succès de ces groupes, fondés sur le mécanisme du “don contre don”. L’animation / le pilotage par un référent, la confiance et la reconnaissance des compétences et expertises constituent les trois principales variables qui permettent d’expliquer les degrés et motifs de participation des membres, donc in fine la pérennité et la performance de ces groupes, bien que cette dernière soit délicate à évaluer.

Pour autant, les organisations ont également un rôle à jouer en créant un environnement favorable à l’émergence de ces communautés, notamment en déployant un climat créatif, collaboratif, propice au partage de connaissances mais aussi en mettant en place des mesures très concrètes de soutien en termes d’aménagement du temps de travail et une prise en compte de l’investissement individuel au niveau de la gestion des carrières.

L’intérêt grandissant pour les Réseaux Sociaux d’Entreprise (RSE) redonne aux communautés de pratique un regain d’énergie, même si les communautés entièrement virtuelles sont relativement rares. Ainsi, les réseaux sociaux d’entreprise et les communautés de pratique peuvent se combiner bénéfiquement.

Le succès des RSE tient à l’exploitation des liens faibles mis en avant par Granovetter. Selon lui, les liens forts qui reposent sur un réseau de proximité, dense, peuvent contribuer à générer des relations cloisonnées entre les membres. A contrario, les liens faibles attachés à des relations périphériques, décloisonnent et ouvrent l’accès à des informations et connaissances nouvelles. Les RSE relèvent de cette logique et offrent aux communautés de pratique la possibilité de se renouveler plus rapidement et de bénéficier de « l’effet réseau » pour générer des connaissances nouvelles. En effet, les communautés de pratique non virtuelles peuvent même, à l’extrême, reproduire les silos verticaux, du fait des risques d’enfermement et de cloisonnement.

Les RSE offrent aussi aux communautés la possibilité d’accélérer la circulation des flux de savoirs et de pratiques de façon interactive entre les personnes, tout en facilitant le stockage et l’accessibilité de contenus riches par exemple sous forme de vidéos, d’infographies, etc.

Au final, soulignons que les communautés de pratique et les RSE constituent des formes hybrides qui viennent renouveler les organisations, ce qui implique nécessairement l’émergence de nouvelles formes managériales, comme le leadership partagé par exemple.