Bien-être et gouvernance d’entreprise – Interview de Jean Lucius (Enovos)

Les décideurs le reconnaissent désormais avec force : satisfaction et efficacité sont étroitement liées au bien-être et à la santé sur le lieu de travail. Ces deux derniers points devraient être intégrés dans la gouvernance d’entreprise.

Dans une récente interview, Jean Lucius, le CEO d’Enovos, revient sur un projet mis en place au sein du groupe énergétique, pour mieux prévenir les sources de stress et de mal-être, et donc pour faire de ces fléaux une force pour l’organisation.

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Des collaborateurs stressés engendrent des coûts pour leur employeur

20 milliards d’euros par an ! C’est le coût que représente le stress professionnel pour les entreprises. Les causes peuvent être multiples : le changement dans le travail, la non-satisfaction aux exigences personnelles, etc.

Et vous, où en êtes-vous?

Nicolas Schmit : « En termes de bien-être, l’Etat doit être un incitateur »

Monsieur Nicolas Schmit, Ministre du Travail et de l’Emploi et de l’Economie sociale et solidaire revient sur la stratégie du pays en matière de sécurité et de santé au travail.

Monsieur le Ministre, quels sont les principaux objectifs du plan national Santé et Sécurité au Travail ?

Il s’agit d’une part de diminuer les cas de reclassement pour cause de maladie professionnelle ; nous avons en effet plus de 4.000 salariés reclassés. Mais aussi d’agir sur le nombre d’accidents du travail. En 2012, 32.600 accidents du travail ont été déclarés, dont 17 mortels, qui pour certains ont eu lieu sur le trajet travail-domicile. Notre objectif est de réduire si possible à zéro les accidents mortels.

Nous souhaitons d’autre part initier une réflexion sur la nature des maladies professionnelles et sur la manière de les prévenir. En 2012, nous en avons recensées 533, bien que certaines comme celles de type musculo-squelettique ne soient pas répertoriées comme maladies professionnelles.

Je regrette d’ailleurs que la Commission européenne ait décidé de retirer le projet de directive à ce sujet. Il s’agit d’un problème très présent dans le monde du travail.

Il ne sera possible de les réduire que si une politique de prévention est mise en oeuvre. Cela fera également partie des nouvelles attributions du Conseil supérieur de la santé et de la sécurité au travail. Ce plan national Santé et Sécurité au Travail devrait être opérationnel en 2015.

A quels acteurs vous adressez-vous ?

Les acteurs principaux sont bien sûr les entreprises. Car le mal-être au travail les concerne au premier chef. Il est également lié à une gestion des ressources humaines et à une organisation du travail mal adaptées. La sensibilisation des collaborateurs et des salariés est également importante : il faut sensibiliser, former, informer ceuxci aux questions de sécurité, mais aussi de santé. C’est donc une approche très globale. Pour cette raison nous ne voulons pas laisser les entreprises seules, mais bien les soutenir et les accompagner.

C’est d’abord le rôle de l ’ ITM et ce sera celui du Conseil supérieur de la santé et de la sécurité au travail. Il est cependant clair que les entreprises doivent avoir une vraie volonté d’agir sur ce terrain.

Je constate que dans un certain nombre d’organisations publiques et privées, les méthodes de gestion des RH laissent beaucoup à désirer et génèrent des situations de mal-être, de stress et de burn-out au travail. Elles génèrent de l’absentéisme et représentent aussi une charge financière énorme pour la Sécurité sociale.

Dans beaucoup d’entreprises, ce sont les chefs et les directeurs des ressources humaines qui sont les principaux responsables des progrès accomplis en leur sein en termes de bien-être, ou a contrario des principaux problèmes de mal-être rencontrés par leurs employés au travail. Il faut donc là aussi les sensibiliser et les former.

Ces problématiques sont trop souvent éludées ; les négliger c’est pousser les gens dans des situations de stress ; ce qui n’est pas dans l’ intérêt de l ’ entreprise ou de l ’organisation. Ce sont au final les employés et par extension les organisations qui en paient les frais, mais aussi la communauté qui en subit les conséquences.

Il faut que ce message pénètre dans les entreprises, et ce à tous les niveaux hiérarchiques. Il faut certes relancer les campagnes de sensibilisation. Mais les posters ou spots dans les médias ne suffisent pas. Il faut aller dans les entreprises, pour former et informer. C’est aussi un sujet de dialogue social dans les entreprises.

Qu’en est-il de l’indice du bien-être ? Comment s’intègre-t-il dans ce plan ?

Cet indicateur du bien-être et de la qualité du travail élaboré par l ’ Université du Luxembourg, en collaboration avec la Chambre des salariés, est, je crois, une bonne démarche. A ce sujet, je compte me baser sur ces indices précisément dans le cadre des sensibilisations des entreprises. Ils constituent un véritable instrument de travail, qui offre un bon tableau de l’état de la santé et de la sécurité au travail.

Ces indices reflètent aussi la perception du travail par les salariés… Et là, il ne faut pas se leurrer, un salarié malheureux n’est pas productif. C’est donc un constat. Mais cela nous permet aussi de voir comment on peut améliorer la situation.

Il appartient aux entreprises de mettre tout cela en oeuvre, avec les appuis que nous pouvons leur fournir. Sur ce sujet, l ’ État doit être un incitateur, pour que les choses changent. Il y a donc là une base intéressante qu’il faut utiliser, déployer et continuer à développer.

Interview par Marc Auxenfants. Expert in Communication @ MindForest

Un projet commun : Serenity&Healthcare @work voit le jour

MONDORF Domaine Thermal et MindForest s’associent pour le bien-être et la santé en entreprise. Retour sur un partenariat unique au Luxembourg.

MindForest s’est doté d’un programme d’intervention et d’accompagnement auprès des entreprises et de leurs collaborateurs : Serenity@Work. Avec des services et des solutions sur-mesure (conseil, formation, coaching, workshops…).

MONDORF Domaine Thermal avait lui aussi pris la mesure des dégâts du mal-être au travail, et à cet effet mis en place un programme équivalent, Healthcare@Work, plus axé sur la santé.

Aujourd’hui, MindForest et MONDORF Domaine Thermal ont décidé d’allier leurs expertises et savoir-faire respectifs dans un projet commun, Serenity&Healthcare @work.

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Forum de la Sécurité & Santé au Travail de la Grande Région

Retrouvez- nous les jeudi 27 et vendredi 28 mars 2014 à Luxexpo, Luxembourg-Kirchberg pour le Forum de la  Sécurité & Santé au Travail de la Grande Région (8ème édition).

Organisé dans le cadre de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le Forum offre une plateforme unique aux entreprises souhaitant partager leurs expériences, bonnes pratiques ou s’informer des nouveautés en matière de prévention des risques. Les entreprises ont l’occasion de présenter leurs activités dans les domaines de la sécurité et de la santé au travail sur des stands qui sont mis à leur disposition et de communiquer leurs bonnes pratiques dans le cadre d’ateliers spécialement prévus à cet effet.

Nous animerons un workshop le vendredi 28 mars de 11h30 à 12h45 : le bien-être et la santé pour changer, ou le maintien du Bien-être et de la Santé des salariés, pour se développer et s’épanouir au travail. 

Télécharger le programme détaillé des 27 et 28 mars 2014.

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Venez nombreux !

Management d’équipe : 7 leviers pour améliorer bien-être et efficacité au travail

Comment améliorer la santé et le bien-être au travail en sept leviers, trois pratiques et dix actions simples. 

Les équipes efficaces ont-elles un secret? Pour Jean-Pierre Brun, les entreprises saines sont celles dont les membres s’y sentent bien !

« La recette du bien-être en entreprise est si simple que de nombreux managers l’oublient et se compliquent la tâche en mettant en place des processus complexes », explique le directeur exécutif du cabinet Stimulus (France).

Dans son ouvrage, Le management d’équipe. Sept leviers pour améliorer bien-être et efficacité au travail, il définit notamment les grands principes d’une entreprise saine, et conclut qu’il existe un lien de causalité très fort entre le bien-être des personnes au travail et l’efficacité des entreprises.

L’approche est simple. Pour améliorer la productivité de leur équipe, les organisations doivent réintroduire dans les pratiques les sept pièces manquantes du management : témoigner de la reconnaissance, soutenir ses collaborateurs, développer une culture du respect, concilier travail et vie personnelle, contrôler la charge de travail, encourager l’autonomie et la participation aux décisions et clarifier le rôle de chacun.

Un des sept leviers mis en avant est consacré à la conciliation travail-vie personnelle. Celle-ci prend aujourd’hui des formes multiples. Les employés qui en effet recherchent un meilleur équilibre dans ce domaine se voient proposer trois champs d’action :

  1. Le soutien que l’entreprise fournit à son personnel ;
  2. Les conséquences sur leur carrière ;
  3. Les demandes de l’entreprise liées aux horaires de travail.

Dans cet objectif, il suggère une grille d’autodiagnostic reposant sur les principes de leadership, de management, et de travail. Il propose également dix actions simples à réaliser dans ce sens par les employés et leur entreprise : comme par exemple élaborer un programme d’équilibre travail-vie personnelle (action n°6), ou prendre conscience que trop travailler est mauvais pour la santé (action n°7).

Basé sur de nombreuses interventions dans les entreprises, d’entrevues de certains employés, managers et de syndicalistes notamment, l’auteur aborde le bien-être et la santé au travail de manière pragmatique avec des solutions simples et rapidement mises en place. Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, chaque chapitre est agrémenté d’un outil d’autodiagnostic et d’une série de dix actions.

Laurence Detrembleur – Expert in change management @MindForest