Bulle de Sérénité : clarifiez ce que l’on attend de vous


« La précision de la pensée fait (et est elle-même) celle du mot. »

de Gustave Flaubert

N’avez-vous jamais reçu d’instructions si floues que vous avez effectué un travail ne répondant pas, voire pas du tout aux attentes de votre interlocuteur ? Bien sûr que si ! Chacun de nous a déjà été confronté à ce type de situation, d’ailleurs aussi frustrante pour celui qui confie une mission que pour celui qui la réalise. Pour éviter ces désagréments, une solution : clarifiez ce que l’on attend de vous !

Questionnez

Si votre manager vous transmet des informations, n’hésitez pas à lui demander de préciser sa pensée. Ce qui est clair pour une personne ne l’est pas forcément pour d’autres ! Il ne s’agit pas d’assaillir votre interlocuteur de questions, mais plutôt de vous assurer que vous disposez de tous les éléments nécessaires pour mener à bien ce qu’il attend de vous : « Quels sont les enjeux de cette mission ? Quelle est la deadline ? Quel résultat attendez-vous exactement ? Sous quel format le document final devra-t-il être remis ? ». Autant de questions qui vous aideront à y voir plus clair dès le départ.

Dans la même optique, demandez des précisions en cours de route si besoin : mieux vaut prendre 10 minutes pour obtenir des compléments d’information que perdre 4 heures à réaliser des tâches incorrectes.

Recevoir des directives claires ne signifie pas être bridé dans la réalisation de ses tâches : on peut avoir des instructions précises, mais avoir la possibilité d’appliquer les méthodes de son choix pour atteindre les objectifs fixés. Vous pouvez donc recevoir des indications précises, tout en conservant vos marges de manœuvre.

Reformulez

Lorsqu’on vous donne des instructions, prenez l’habitude de reformuler les propos énoncés. De cette façon, vous supprimez toute confusion et vous vous assurez d’avoir correctement compris les attentes de votre interlocuteur : « Si j’ai bien compris… Vous attendez donc de moi… Je dois donc faire… ». Le cas échéant, la reformulation peut même faire émerger des imprécisions et donner l’occasion de clarifier certains points. Dans l’idéal, ne commencez une mission que lorsque vous avez obtenu les précisions nécessaires et confirmé que votre interlocuteur et vous êtes bien « sur la même longueur d’ondes ».

Profitez !

En clarifiant ce que l’on attend de vous, vous noterez de nombreuses améliorations, à la fois pour vous et pour ceux qui vous confient des missions :

  • Un gain de temps (et d’argent !) : en sachant précisément ce qui est exigé de vous, vous évitez d’avancer à tâtons, de vous disperser, voire même d’être contraint de faire machine arrière. Vous connaissez votre objectif et êtes à même de vous organiser pour l’atteindre, sans vous perdre dans des tâches superflues.
  • Une réduction des frustrations et contrariétés : vous êtes certainement plus enclin à réaliser des tâches qui sont effectivement attendues. Il est si frustrant d’avoir l’impression de travailler pour rien ! Des attentes clairement définies et exprimées sont bien plus motivantes.
  • Une meilleure coordination : avec la pratique, chacun prend l’habitude de préciser ses attentes dès le départ. Les malentendus disparaissent alors progressivement, pour laisser place à une collaboration positive, efficace… et sereine.

Et après ?

Ne vous arrêtez pas en si bon chemin ! Pour aller plus loin, vous pouvez également demander un feedback constructif à la personne qui vous a confié une tâche. « Mon travail était-il conforme à vos attentes ? Quels éléments ai-je le mieux gérés ? Quels sont les points sur lesquels je devrais concentrer mes efforts à l’avenir ? ».

Ce retour peut être rapide, et malgré tout très bénéfique. En effet, avoir un feedback sur son travail et ses performances permet d’identifier clairement ses points forts et ses axes d’amélioration. L’idéal pour se développer et progresser !

Alors ne perdez plus de temps, clarifiez ce que l’on attend de vous. La réciproque est aussi valable : clarifiez vos attentes envers les autres. Tout le monde sera gagnant !

Aliénor Bianchi
Expert in Human Capital Management @ MindForest

[Interview] Médecine du travail : risques professionnels et RPS, de quoi parle-t-on ?

Rencontre avec le Docteur Carlo Steffes, médecin-inspecteur et chef de la division de la Santé au Travail au sein de la Direction de la Santé, qui nous présente les différents types de risques professionnels et nous explique la distinction avec les risques psychosociaux :

Bulle de sérénité : “Respirez lentement et profondément”

« Il faut que tu respires…
Et c’est rien de le dire… »

chante Mickey 3D.

Chaque jour, nous respirons près de 18 000 fois, mécaniquement, de façon autonome et inconsciente. C’est seulement lorsque notre respiration se trouve perturbée, après un effort physique, un choc émotionnel ou une pathologie pulmonaire que nous y sommes attentifs.

La respiration est la seule fonction vitale du système nerveux autonome sur laquelle nous sommes capable d’agir : de façon involontaire lorsque nous sommes assaillis par nos émotions, et de façon volontaire lorsque nous décidons de respirer de façon consciente et que nous contrôlons le rythme, la fréquence, l’amplitude, la localisation du mouvement respiratoire thoracique ou abdominale.

Même si respirer est inné, bien respirer ne va pas de soi. Pourtant prendre conscience de notre respiration et apprendre à la maîtriser est source d’un meilleur équilibre.

Sur le plan physique et énergétique :

L’air que nous inspirons nourrit les globules rouges de notre sang et donc, nos organes et les tissus de notre corps. L’air que nous expirons, lui, nous permet de drainer les déchets vers l’extérieur. Le fait de respirer de manière superficielle va perturber le renouvellement de l’oxygène dans le sang tout en y laissant des résidus de toxines. Par conséquent, mieux nous respirons, mieux nous nourrissons notre organisme et aussi, mieux nous nous débarrassons de nos toxines.

Bien respirer nous apporte donc d’avantage d’énergie, une meilleur désintoxication, une capacité respiratoire accrue, un renforcement du système immunitaire, l’abaissement de la tension artérielle, la régulation du système cardiovasculaire, un meilleur fonctionnement cérébral. Donc une détente physique et une meilleure santé.

Sur le plan émotionnel et comportemental :

Une respiration ample, abdominale et régulière est signe de sérénité.

Au contraire, toute perturbation émotionnelle est immédiatement suivie d’une perturbation de notre respiration. Quand nous sommes énervés, stressés, en colère, ou sous l’influence d’une émotion forte, nous pouvons constater que notre respiration devient courte, thoracique et irrégulière.

Cependant, en respirant lentement et profondément on peut très facilement contrôler la respiration perturbée.

Par la pratique de certains exercices respiratoires on peut agir sur la gestion des émotions ce qui peut être un allié intéressant dans des situations particulières (événement stressant, prise de parole, etc).

Maîtriser sa respiration, c’est donc être capable de gérer son stress et son état émotionnel.

Sur le plan mental :

La relation entre la respiration et ses bienfaits est immédiatement perceptible. Le fait de respirer lentement et profondément régule le système nerveux, retentit sur le flot des pensées (anticipation, ruminations) qu’il devient possible de maîtriser et permet d’être davantage dans le « ici et maintenant ». La détente mentale permet également d’améliorer la vigilance, la concentration, la créativité, la mémorisation… Et aussi la qualité du sommeil.

Bien respirer ça s’apprend et… ça se pratique ! Régulièrement, où que vous soyez, prenez le temps de faire attention à la manière dont vous respirez et soyez à l’écoute de vos sensations.

Prendre conscience de la respiration et pratiquer les exercices qui y sont associés font parties des techniques utilisées en sophrologie car c’est le moyen le plus simple et le plus naturel de gérer nos émotions et d’apaiser rapidement corps et esprit.

En pratique :

  • Inspirez lentement par le nez en prenant conscience de la fraîcheur de l’air qui pénètre a travers vos narines et soufflez par la bouche lentement comme si vous souffliez dans une paille.
  • Allongez le temps de l’expiration. Inscrivez sur des post-it le mot S-E-V-E (comme la sève des arbres) et collez les à différents endroits comme le miroir de la salle de bain, le tableau de bord de la voiture, l’écran de l’ordinateur etc. En regardant ce mot, instaurez un réflex expiratoire :

    S= Soufflez       E= Encore     V= Videz     E= Encore

  • Placez vos mains sur votre abdomen, juste au milieu de l’endroit où vous pouvez bien percevoir le mouvement respiratoire. Imaginez que votre ventre est comme un ballon que vous gonflez sur l’inspir et qui se dégonfle souplement sur l’expir… Observez dans la détente le mouvement du ventre et le bercement de vos mains.
  • Inspirez lentement et faite une pause de quelques secondes avant de soufflez lentement le plus longtemps possible, jusqu’au bout du souffle.

Genitelli Emmanuelle, Kinésithérapeute et Sophrologue à MONDORF Domaine Thermal

 

Sources :

Florent Ascension sophrologue. Respirez c’est vivre. Bien respirer c’est bien vivre.
Sophrologie-actualité.

[Interview] La médecine du travail au Luxembourg : état des lieux

Docteur Carlo Steffes, médecin-inspecteur et chef de la division de la Santé au Travail au sein de la Direction de la Santé, répond aux questions suivantes :

  • Quel est le rôle et la place de la médecine du travail au Luxembourg ?
  • Dans quel(s) secteur(s) et contexte(s) la médecine du travail est-elle la plus sollicitée ?
  • Quelle est la situation de la médecine du travail au Luxembourg ?
  • Quelles sont les améliorations souhaitées ?

Bulle de Sérénité : “Fermez les yeux et recentrez-vous”


“Votre efficacité est directement proportionnelle à votre capacité à vous détendre”

David Allen

Le stress a pris une place particulièrement importante dans la vie quotidienne de l’homme au 21 ème siècle. En effet, ce dernier est aujourd’hui soumis à de multiples “pressions de résultats”, que ce soit dans son travail (avoir un meilleur rendement), dans sa famille (être le meilleur parent possible), ou encore dans sa vie sociale (donner l’image de l’individu parfait).

Il s’agit de conquérir une reconnaissance dans tous ces domaines à travers l’acquisition d’une compétence. Ce combat permanent demande une adaptation continuelle qui, malheureusement, ne se fait pas systématiquement et peut occasionner du stress.

Le stress, est une tension mentale qui résulte de l’adaptation de l’organisme aux sollicitations extérieures, aux agressions. Ce qui va avoir pour effet de déclencher un ensemble de réactions neurophysiologiques (nerveuses et hormonales) (1):

  • Sécrétion d’adrénaline pour un stress ponctuel avec accélération du rythme cardiaque et respiratoire, envoi du sucre dans le sang
  • Sécrétion de cortisone si le stress dure avec le maintien d’une tension artérielle élevée pour bien alimenter la tête et les jambes avec une action anti-douleur

Ce système biologique très ancien était parfaitement adapté pour nos ancêtres devant se protéger, agir vite, combattre ou fuir selon les situations. Nos réactions hormonales restent les mêmes aujourd’hui !

Or, il ne nous sert à rien à notre bureau, stressés par le téléphone, le fax, la multitude de mails, les clients (que nous ne pouvons ni supprimer ni fuir). Ceux-ci augmentent la tension, le taux de sucre dans le sang, et provoquent une respiration et des battements cardiaques plus rapides ! (2)

Le stress doit être appréhendé de la meilleure façon pour gérer la tension au quotidien. La relaxation par nature est un anti-stress, elle s’oppose point par point aux effets physiologiques du stress. Apprendre à se détendre, à se recentrer, à respirer, permet une meilleure gestion de la pression et des émotions pour instaurer une dynamique d’adaptation et de changement.

Si gérer l’agent stressant demande une remise en question très approfondie, gérer son effet corporel immédiat et rétablir l’équilibre naturel, l’homéostasie, peut se faire en très peu de temps. Nul besoin d’être allongé ou prendre la position du lotus !

La sophrologie permet d’apprendre des techniques de relaxation pour instaurer un réflexe détente en position assise, ce qui permet de réduire progressivement le temps de relaxation pour arriver à des séances de deux à trois minutes.

La relaxation pourra être utilisée dans des situations très contraignantes, comme les moments qui précèdent une prise de parole ou une négociation importante.

Se recentrer permet d’être plus efficace, davantage dans le plaisir et plus “posé”.

En pratique:

  • Prenez l’habitude de vous accorder des pauses de respiration consciente: assis, le dos droit, les yeux fermés
  • Inspirez par le nez sans forcer, en laissant le ventre se décontracter comme s’il se remplissait d’air
  • Puis expirez par la bouche lentement en rentrant le ventre : comptez 12 respirations
  • Comptez-les vraiment pour ne pas vous laisser parasiter par vos pensées

Faire “cocotte minute”

  • Relâchez la pression avant qu’elle ne monte. Détendez systématiquement mâchoires, épaules, nuque, dos, à chaque fois que vous y pensez (2)
  • Installez-vous confortablement sur votre chaise et fermez les yeux quelques instants
  • Recentrez-vous quelques minutes, ramenez votre attention sur votre corps, sur les sensations de l’instant, “ici et maintenant”
  • Accordez-vous un petit moment de récupération, un moment rien que pour vous

Emmanuelle Genitelli, Kinésithérapeute et sophrologue @ MONDORF Domaine Thermal

 

(1) Le stress, Ed. Les essentiels Milan. De J.C Dubier et Isabelle Inchauspé

(2) La sophrologie, Ed. Les essentiels Milan. De Luc Audouin

 

L’entreprise contre le burn out – POST LUXEMBOURG

Rencontre avec Daniela Binda, Directrice des Ressources Humaines, et Pascal Recchia, psychologue du travail, de POST Luxembourg. Découvrez les actions mises en place pour prévenir et guérir ce risque psychosocial qu’est le burn out.

Bulle de Sérénité : « Faites des listes et priorisez »

« Le temps de la réflexion est une économie de temps. »

Publius Syrus

Bien souvent, dans la sphère professionnelle comme dans la vie privée, le nombre de tâches à effectuer s’accumule et on peut rapidement perdre le fil. Par où commencer ? Comment réaliser autant de tâches dans un délai si court ? Que de temps perdu à se lamenter d’avoir trop de choses à faire ! Temps pendant lequel une partie de ces activités pourrait être accomplie.

Mettre les choses à plat

Les journées ne font que 24h et le temps n’est pas extensible, mais on peut en gagner. La condition ? S’organiser. Et lorsque les tâches se multiplient, l’organisation peut passer par l’élaboration de listes. Cette méthode présente plusieurs avantages :

  • Prendre le temps de lister les tâches à faire permet de gagner du temps par la suite ;
  • Éviter les oublis : plus les activités sont nombreuses, et plus les risques d’omission sont importants. Les répertorier réduit donc ce risque ;
  • S’organiser pour répartir ses tâches et ainsi faire les bonnes choses dans le bon ordre ;
  • Éviter de se noyer, grâce à une meilleure visibilité sur les choses à faire ;
  • Se rassurer, être plus serein : une charge de travail est moins effrayante lorsque les tâches sont organisées.

La fameuse « to-do list »

Nombreux sont ceux qui alimentent scrupuleusement leur to-do list au quotidien. Mais combien de tâches s’accumulent sans que les précédentes soient effectuées ? Combien sont inlassablement reportées de listes en listes sans jamais être réalisées ? Au final, une to-do list peut rapidement devenir une source de stress supplémentaire et inutile.

Faire des listes, c’est bien. Mais les structurer, c’est mieux. Pour cela, deux approches sont possibles :

  • La première : regrouper les tâches par contexte, c’est-à-dire par projet ou par type. Cette option donne une meilleure visibilité sur la répartition des tâches à effectuer. Mais avec cette répartition, comment les prioriser ?
  • La seconde possibilité consiste à les classer selon leur priorité. De cette façon, l’urgence des tâches apparaît clairement. Mais difficile alors de replacer les tâches dans leur contexte.

Une solution : fusionner les deux options. En répartissant les tâches par contexte et en y ajoutant une échéance, les avantages des deux types de listes sont conservés.

Concrètement…

Et parce qu’un exemple est toujours plus parlant qu’un long discours, prenons l’organisation d’un grand repas. Invitations, courses, cuisine, décoration, etc. : autant de tâches à gérer pour que tout soit prêt à l’arrivée des invités ! Dans cette situation, la meilleure solution est de dresser une liste des éléments à préparer, en tenant compte à la fois de leur durée de réalisation et de leur échéance. L’ordre de priorité apparaît alors clairement. De cette façon, vous pouvez vous lancer dans l’organisation de ce grand repas l’esprit plus serein !

Courses :

  • décoration
  • ingrédients
  • cadeaux pour les invités

Cuisine :

  • dessert
    (20min de préparation + 5h de repos)
  • plat
    (30min de préparation + 2h de cuisson)
  • apéritif
    (45min de préparation + 15min de cuisson)
  • entrée
    (15min de préparation)

Décoration :

  • dresser la table
  • allumer les bougies

Autre alternative

Et pour une approche plus moderne et plus eco-friendly, on peut également privilégier l’utilisation des calendriers électroniques. En effet, lorsque les tâches s’accumulent, les listes en papier atteignent vite leurs limites. Aussi, réserver des plages horaires dans un agenda virtuel offre un gain de temps considérable. De cette façon, les délais et durées de réalisation de chaque activité sont planifiés. Et vous avez ainsi une meilleure visibilité sur vos projets, vos tâches et leur urgence.

Alors ne perdez plus de temps, faites des listes et priorisez pour être plus sereins !

 

Aliénor Bianchi

Expert in Human Capital Management @ MindForest Group

Ont-ils trouvé les clés du bien-être au travail ?

Ont-ils désormais les clés pour déceler le harcèlement moral au travail et les outils pour y faire face ? Ont-ils trouvé la recette du bonheur au travail ?

Les participants aux conférences organisées par Serenity&Healthcare @work sont repartis avec des bonnes pratiques à mettre en place dans leur vie professionnelle et privée. Les deux thématiques mises à l’honneur dans le cadre de la Semaine européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail ont en effet inspiré de nombreux curieux, professionnels de tout secteur, qui sont venus débattre et échanger avec les experts des différents domaines.

Pour couronner le tout, les participants ont pu profiter des bienfaits d’un atelier de sophrologie, dispensé par Emmanuelle Genitelli, sophrologue à MONDORF Domaine Thermal.

Retour en images :

21 octobre 2014 :

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23 octobre 2014 :

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Absentéisme, un phénomène aux multiples facettes

16 milliards d’euros : ce sont les coûts directs engendrés par l’absentéisme en France en 2012 [1] !

Le phénomène est connu et vécu dans nos sociétés, mais qu’en savons-nous exactement ? Quelles sont ses causes et ses conséquences sur l’économie ? Et par dessus tout, comment réduire l’absentéisme ?

Une notion floue

S’il n’existe pas de définition précise et clairement arrêtée de l’absentéisme, celle du Royal Australasian College of Physicians (RACP) [2] est la plus communément retenue : « a more generalised definition of absenteeism (unplanned absence) includes non-attendance at work where work attendance is scheduled [3] ».

Notons qu’il est important de différencier la notion d’absentéisme, qui s’attache au niveau collectif, de l’absence qui concerne l’individu.

Des coûts directs, mais surtout indirects

Outre les coûts directs liés à la rémunération et à l’éventuel remplacement d’employés absents, l’absentéisme engendre aussi et surtout de nombreux coûts indirects pour l’entreprise.

En effet, ses conséquences impactent l’ensemble des collaborateurs : à la fois ceux qui travaillent alors que d’autres sont absents, mais également ceux qui reviennent après une absence plus ou moins longue.

D’abord, l’absence de collaborateurs engendre une surcharge de travail pour leurs collègues présents, mais aussi pour eux-mêmes à leur retour. Les conséquences de cette réduction de main d’œuvre sont multiples : diminution de la qualité du travail, augmentation du nombre d’erreurs, baisse de la production, allongement des délais de production, risques de surmenage, etc.

Ensuite, la privation de certains employés peut induire quelques changements, voire même des chamboulements dans l’organisation. Effectivement, lorsqu’un maillon fait défaut, toute la chaîne est impactée. Il est alors nécessaire de revoir le fonctionnement interne, du moins pendant l’absence du collaborateur.

Enfin, tout comme le présentéisme, l’absentéisme présente un risque important de propagation à l’ensemble du personnel d’une entreprise. Aussi, face à l’absence récurrente de collègues et au surplus de travail occasionné, certains collaborateurs pourraient progressivement basculer dans l’absentéisme.

 

Quelques chiffres :

Des études ont établi qu’un taux d’absentéisme entre 4% et 5% reste acceptable pour les entreprises. Il deviendrait problématique aux alentours de 8% [4]. Dans la fonction publique, l’absentéisme atteindrait même 10%, plus du double du taux moyen du secteur privé.

En France, l’absentéisme a augmenté de 18% en 2012 dans le secteur privé, soit près de 3 jours d’absence de plus qu’en 2011[5]. Cette même année, les coûts directs engendrés par l’absentéisme se sont élevés à 6,98 milliards d’euros pour les entreprises privées, et à 8,77 milliards d’euros pour la Sécurité sociale.

Plus spécifiquement au Luxembourg, le taux d’absentéisme pour cause de maladie est passé de 3,5% à 3,7% entre 2011 et 2012[6]. L’augmentation s’explique par la hausse du taux d’absentéisme de longue durée (1,6% en 2012 contre 1,4% en 2011).

Pour dresser le diagnostic de l’absentéisme de votre entreprise, rendez-vous sur : http://www.observatoire-absenteisme.public.lu/

 

Mesurer l’absentéisme

Le taux d’absentéisme [7] constitue un indicateur important pour les entreprises, dans la mesure où il reflète souvent des dysfonctionnements internes. Mais attention, certains critères sont plus pertinents que d’autres ! En effet, on distingue généralement l’absentéisme prévu (formation, congés annuels payés, etc.) de l’absentéisme imprévu (maladie, grève, accident de travail, etc.). Le second étant le plus problématique, c’est donc sur lui que les employeurs doivent agir en priorité.

L’absentéisme imprévu peut être calculé de manière générale, en considérant toutes ses formes, ou plus spécifiquement pour une analyse plus fine. En effet, il ne s’agit pas de se cantonner à un simple calcul du taux d’absentéisme brut, mais plutôt d’étudier divers aspects tels que la fréquence des absences, leur durée, les périodes comportant le plus fort taux d’absentéisme, les métiers les plus concernés, etc.

Une analyse plus poussée de l’absentéisme permet d’une part une meilleure identification de ses caractéristiques, et d’autre part un ciblage plus précis de ses causes. L’objectif final est de trouver des solutions pour réduire le phénomène au sein de l’entreprise.

Focus on…

Les chiffres mettent en lumière un absentéisme bien particulier : l’absentéisme saisonnier. On observe en effet une augmentation notable de l’absentéisme imprévu à certaines périodes de l’année.

La période la plus impactée : l’hiver. Avec le manque de soleil, la baisse des températures, la propagation des virus, etc., les collaborateurs se sentent plus fatigués, affaiblis et souvent plus moroses. C’est alors pendant les premier et quatrième trimestres de l’année que les entreprises rencontrent le taux le plus élevé d’absentéisme. Des études ont d’ailleurs montré qu’il atteint environ 4% en hiver contre 3% en été [8]. Les entreprises n’ont certes que peu de moyens pour lutter contre les conséquences de l’hiver sur l’absentéisme. Mais elles ont malgré tout la possibilité de limiter ses impacts grâce à une meilleure anticipation.

Comment agir pour limiter le phénomène ?

Les principales causes de l’absentéisme sont regroupées en trois catégories [9] :

  • Les raisons personnelles (maladie, problèmes familiaux, maternité, etc.)
  • Les raisons professionnelles (accident du travail, maladies professionnelles, etc.)
  • La pression au travail, le stress, la démotivation

Si l’entreprise peut difficilement agir sur le premier type, elle a néanmoins des marges de manœuvre pour réduire l’impact des deux autres. De quelles façons ?

  • Soigner l’environnement de travail : une température ambiante convenable dans les bureaux quelle que soit la saison, un éclairage adapté, des locaux propres, etc. Bref, un vrai confort au travail qui diminue les risques de maladie, favorise la motivation des employés, et réduit donc leur propension à s’absenter.
  • Garantir la sécurité du lieu de travail : le respect des normes et la sensibilisation aux diverses problématiques (risques particuliers liés aux métiers, consignes de sécurité, premiers secours, etc.) préviennent l’absentéisme imprévu pour raisons professionnelles.
  • Adapter le management à la diversité des collaborateurs et des situations. Écoute, dialogue, encadrement, suivi et feedback doivent être de mise pour diminuer le stress et le risque de démotivation.
  • Encourager la collaboration et éventuellement la création de binômes pour réduire l’impact des absences sur le fonctionnement de l’organisation et sur le travail des collaborateurs restants.
  • Favoriser la conciliation entre vie professionnelle et vie privée pour limiter les absences pour raisons personnelles et prévenir le surmenage.

Bien sûr, il est essentiel que les actions envisagées soient compatibles avec la taille de l’entreprise, sa culture, son secteur d’activité, son budget, etc.

Mais prudence ! Réduire l’absentéisme, oui, mais sans sombrer dans le présentéisme…

 

Aliénor Bianchi
Expert in Human Capital Management @ MindForest Group

 

 SOURCES 

  • [1] http://www.almacg.fr/actus/nos-actualites/actu/barometre-de-l-absenteisme-2013-d-alma-cg/?tx_ttnews%5BbackPid%5D=16

  • [2] Royal Australasian College of Physicians – Workplace attendance and absenteeism – The Australasian Faculty of Occupational Medicine(1999)

  • [3] « Une définition plus générale de l’absentéisme (absence non planifiée) consiste en une non présence au travail alors que la présence est prévue. »

  • [4] Jamal Amrani – Un taux d’absentéisme de 4 à 5 % est tolérable – La vie éco (30 janvier 2009)

  • [5] Alma CG – Baromètre de l’Absentéisme 2013 (septembre 2013)

  • [6] Thierry Mazoyer – L’absentéisme pour cause de maladie en 2012 – Aperçus n°2 (19 juillet 2013)

  • [7] Nombre d’heures d’absence / nombre d’heures de travail théoriques

  • [8] DARES – Les absences au travail des salariés pour raisons de santé : un rôle important des conditions de travail – Dares Analyses n°9 (février 2013)

  • [9] M. Dumas – Les 3 principales causes des absences – Performances n°23 (août 2005)

Concilier changement et bien-être au travail, c’est possible !

Dans toute organisation, le changement est inéluctable. Souvent, il est à l’origine de risques psychosociaux, qui vont avoir un impact sur la santé physique et mentale des collaborateurs. Par conséquent, cela peut nuire au bon fonctionnement de l’organisation.

Comment les organisations devraient estimer ces impacts ? De quelle manière l’approche proposée par Serenity&Healthcare @work accompagne les entreprises ? Quel est le rôle du management dans la démarche ? Les réponses de Laurence Detrembleur, experte en Change Management chez MindForest Group.