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Comment représenter et concrétiser le changement, qui est une notion par définition abstraite et impalpable ?

Alors que dans le cadre d’un changement intervenant dans une organisation, il est justement nécessaire de rendre les choses tangibles, de les imager afin que les collaborateurs puissent s’y raccrocher.

Touch of Content s’est essayé a revisité la classique courbe du changement et propose une autre façon de symboliser ce processus, en utilisant la métaphore d’un cube.

Cette métaphore du cube comme représentation du changement, a permis de représenter par analogie, d’autres situations typiques de blocage pouvant conduire à l’échec d’un projet de conduite du changement.

Car au travers des projets que MindForest a pu accompagner au cours de son existence, ces situations typiques de blocage ont toutes été vécues et maîtrisées par nos équipes.

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by Benjamin Bagot
Information Designer @ Touch of Content – MindForest Group

 

Un calligramme de G. Apollinaire

Un calligramme de G. Apollinaire

Déjà à la fin du 19ème siècle, les calligrammes de Guillaume Apollinaire (puis ceux du surréaliste André Breton) mêlaient astucieusement le fond et la forme, en disposant sur la page les textes de sorte qu’ils forment un dessin en rapport avec le sujet du poème.

Par un traitement graphique de l’information on attire l’intérêt du lecteur, qui est ainsi mieux disposé à recevoir le message.

Loin des poèmes surréalistes, le design d’information s’est fait utilitaire au fil des années, ses champs d’application les plus connus étant la représentation cartographique, la signalétique (plans de métro, You are here), les isotypes (international picture language pour représenter les sorties de secours, toilettes…), la représentation des chiffres et statistiques par des graphes, histogrammes ou autres camemberts.

Graphique représentant le prix du blé et le salaire hebdomadaire de 1565 à 1821. William Playfair (1759-1823)

Graphique représentant le prix du blé et le salaire hebdomadaire de 1565 à 1821. William Playfair (1759-1823)

La démarche consiste à choisir le type de visualisation de l’information qui servira son contenu.

Selon la nature de l’information et le message que l’on souhaite faire passer, on optera par exemple pour une représentation sous forme de ligne du temps, d’arbre décisionnel, de bulles, de grilles,… ou encore pour une infographie plus illustrée, mettant en scène des personnages ou des objets placés dans un décor et chargés d’information.

 

Malaxer l’information pour en sortir l’essentiel du message et trouver la juste représentation en fonction du public auquel elle est destinée, telle est la mission à laquelle s’attache chaque jour Touch of Content…

 

ana_com2…tantôt pour placer sur un échiquier
les acteurs en présence

 


…tantôt pour illustrer les principales
tendances d’un rapport d’études

carriere…ou encore pour représenter graphiquement
la carrière du fonctionnaire

 

timeline…ou la timeline d’une organisation

 

 

Produire cet effort consistant à rendre l’information attractive n’est pas réservé à des marketeurs qui voudraient jeter de la poudre aux yeux à des consommateurs crédules.

L’information design a gagné la communication interne des entreprises, qui ont compris l’intérêt qu’il peut avoir quand il s’agit de faire passer un message, d’orienter une décision en mettant en avant les pour et les contre, de donner des consignes, de publier des indicateurs de performance ou les résultats de l’entreprise, de représenter un processus, de former,…

Au Luxembourg, pays multiculturel par excellence, le fait qu’une infographie puisse éventuellement se passer de texte permet en outre d’éluder la question épineuse de la langue.

by Carole Brochard, responsable Touch of Content
  • John Santurbano  est Directeur F.F. de l’Administration de la navigation aérienne.
  • Il a été nommé, directeur f.f., en date du 1er janvier 2013.
  • Le nouveau directeur de l’Administration de la Navigation Aérienne, 47 ans, Luxembourgeois, a dirigé précédemment le service météorologique, MeteoLux.
  • Entré en fonction en 1990 au sein de l’Administration de l’Aéroport, il a également occupé les fonctions de coordinateur et de responsable de la certification de l‘aéroport.

Pour le Directeur de l’ANA, la communication à des fins d’aide à la décision nécessite de formaliser les visions stratégiques dans un support qui soit digeste et visuellement attractif. 

 

John Santurbano, quels sont pour vous, les objectifs majeurs d’une communication efficace ?

L’ANA évolue dans un contexte – l’aéronautique – truffé d’abréviations et de textes réglementaires… Il est donc primordial d’adopter une communication qui nous permet de nous faire comprendre de nos parties prenantes, en l’occurrence notre Ministère de tutelle, qui a la main sur les réglementations, le budget, le recrutement… Donc mieux il comprendra les enjeux de l’administration qui aura su communiquer, plus les décisions lui seront favorables.

Ce n’est pas parce qu’on est une administration publique qu’on doit s’interdire d’utiliser les moyens de communication professionnels et innovants.

Quel type de communication avez-vous donc privilégié pour l’aider dans ses prises de décisions ?

Pour être audible d’un Ministre sur-sollicité, l’ANA a privilégié une communication visuelle, qui l’interpelle de façon plus focalisée sur nos problématiques.

Cela est d’autant plus justifié que notre environnement a évolué ces derniers mois, avec des changements de décisionnaires : nouveau Gouvernement, nouvelle directrice à la DAC*, nouveau directeur de lux-Airport…

Il fallait donc nous adapter à cette nouvelle donne, en étant plus agiles dans notre communication, et en la professionnalisant pour faire valoir nos arguments.

 

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Quel était pour vous l’enjeu d’un tel support ?

L’enjeu était de produire un document digeste et compréhensible par une personne externe au domaine, et qui présente de façon claire − mais sans en réduire le sens les grandes problématiques qui se posent et les solutions envisageables en matière d‘optimisation des ressources… Le tout, en augmentant la sécurité aéronautique.

Ce document est suffisamment compréhensible pour s’adresser au large spectre de nos interlocuteurs : les autorités de tutelle, mais aussi le personnel interne, qui doit comprendre par l’argumentaire les décisions à prendre et les choix qui se présentent ; ou bien les organisations internationales, en vue de coopérations.

Il faut éviter de vouloir trop en mettre, ce qui est souvent le travers des documents stratégiques, qu’on veut complets et qui finissent par être confus. 

 

Quels sont selon vous les écueils à éviter pour réaliser un tel support d’aide à la décision ? 

Il faut connaître les principaux messages que l’on veut faire passer. En interne nous réfléchissons depuis 18 mois sur les opportunités, les no go, ce qui est réaliste…

Penser les choses de façon graphique nous a amené à réfléchir sur la façon dont nous voulions nous représenter. Une communication plus visuelle permet d’exprimer des choses que la communication écrite ne permet pas.

Notre interlocuteur chez MindForest a eu cette capacité à comprendre nos besoins en communication, à s’immerger dans notre contexte en allant chercher les informations là où elles étaient−souvent noyées dans des rapports (1) et à nous aider à cartographier tout cet environnement complexe en positionnant les acteurs et en mettant en valeur les enjeux en présence.(2)  80% du contenu était là, dans nos têtes… Il fallait donc un facilitateur pour nous aider à verbaliser et à structurer notre discours, pour le mettre habilement en valeur.(3) C’est ce que nous avons fait au cours d’un workshop commun d’une journée.

Comment cette façon de procéder a-t-elle contribué aux changements que vous souhaitez opérer au sein de votre organisation ?

Cela nous a obligés à nous poser les questions très clairement, et à faire des constats en interne entre nous : on ne voyait pas forcément les choses de la même façon, et en tous cas on n’arrivait pas à avoir une vue globale, détachée du jargon technique ou réglementaire.(4)

A travers cet exercice, on a aligné le management, qui s’est retrouvé dans le résultat, et qui est maintenant plus en mesure de vendre et de communiquer sur sa démarche

On a réussi à mobiliser et à responsabiliser le management. Il n’y a personne qui pourra dire qu’il n’était pas informé ou impliqué, car on a travaillé ensemble sur le document. Cela permet d’avoir plus de gens à bord et de limiter la résistance.

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Interview par Carole Brochard
Responsable @ Touch of Content

Souvent envahissant, volumineux, peu ciblé, 49 % des techniciens estiment que le contenu de leur documentation est mal organisé. Et vous ?

Comme beaucoup d’entreprises ou d’organisations vous êtes peut-être confrontés à une situation où la documentation est vécue comme quelque chose d’envahissant, volumineux, peu ciblé, indigeste pour le lecteur…