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Réseau social d’entreprise, l’Intranet nouvelle génération

Ces dernières années, les réseaux sociaux d’entreprise (RSE) fleurissent dans nos organisations. Tous les secteurs sont aujourd’hui concernés par ces plateformes qui s’inscrivent le plus souvent en complément d’un intranet. Leurs buts : favoriser les échanges entre unités pour casser l’effet silos, diminuer le flux des e-mails, favoriser l’émergence spontanée de nouvelles communautés internes, soutenir l’innovation participative. Bien qu’en fort développement, ces plateformes internes telles que Jive, Yammer, Bluekiwi, etc., produisent, à travers leurs usages, des effets multiples encore peu analysés, que ce soit en termes de partage de connaissances, gains de productivité, développement de la collaboration et de la communication.

Dans toute organisation, la mise en place d’une gestion des connaissances efficiente est indispensable. Bien souvent, on constate que ces connaissances sont capitalisées dans une logique de stockage et que le savoir accumulé reste statique. Face à la rigidité des outils formels du « Knowledge Management », le réseau social d’entreprise apparaît comme une solution ad hoc. En effet, quoi de mieux que la force du lien humain pour transmettre les connaissances ? L’envie d’apporter son aide, de partager ce que l’on fait, ce que l’on sait et aussi la reconnaissance dont on bénéficie représentent un moteur puissant du partage de connaissances. C’est d’ailleurs la base de toute stratégie de gestion des connaissances : s’assurer que les collaborateurs convertissent le savoir tacite en connaissances explicites. En résumé, développer une intelligence collective partagée. De plus, elle peut substantiellement raccourcir l’achèvement d’un projet, le « time-to-market », et améliorer aussi la qualité du résultat final. Le RSE améliore donc la productivité en facilitant l’accès à l’information, en favorisant son partage et son appropriation.

Levier d’innovation facilitant l’émergence d’idées nouvelles, le réseau social d’entreprise pallie également les défauts de la messagerie électronique et incarne le web collaboratif. Les équipes y confrontent leurs points de vue sur un problème à résoudre ou un changement à venir. Ensemble, ils croisent vision stratégique et expérience opérationnelle pour identifier les priorités ou construire un plan d’actions. En contribuant à la mise en relation des collaborateurs, le RSE permet de décloisonner les différents services et à chaque utilisateur d’avoir une vision plus transversale des activités de l’organisation. Grâce à une communication plus ouverte, de multiples liens interpersonnels se créent et se démultiplient dans l’organisation, et en même temps la solidarité, le partage de valeurs… ce qui contribue fortement à améliorer le climat de travail. Et les résultats ne sont pas négligeables : plaisir au travail, engagement, mobilisation, fidélisation, etc.

Attention toutefois à ne pas tomber dans les travers des médias sociaux. On entend communément qu’ils sont sources de distraction et font perdre du temps. S’ils sont employés à des fins davantage privées que professionnelles, il peut en effet y avoir perte de productivité. Il est donc important de veiller à ce qu’ils soient utilisés à bon escient. Il est donc nécessaire de former correctement les utilisateurs à ses fonctionnalités et de fixer des règles claires dès le début, afin d’optimiser le rendement de l’outil. De la même façon, la mise en place d’un réseau social d’entreprise peut être mise à mal par les réticences de certains collaborateurs, peu familiers des nouvelles technologies. Il s’agit alors de les convaincre de bousculer leurs habitudes et de contrer leurs préjugés, notamment en matière de sécurité des données.

Même si les réseaux sociaux internes restent encore l’apanage des organisations innovantes, ils semblent être la voie de l’avenir. Ils s’inscrivent dans un ensemble de technologies qui façonne un monde du travail davantage décentralisé et mobile, comme le démontre la tendance du SoLoMo (Social, Local, Mobile) qui consiste notamment à penser une organisation du travail où le lieu et la présence physique ne sont plus aussi déterminants qu’auparavant.

Il ne reste plus qu’à vous y mettre, vous aussi !

 

Mélanie Pailot,
Consultant in Communication @ MindForest

Qui n’a pas son Meeting Point ?

Meeting Point : des Tiers-lieux au sein de l’entreprise

De plus en plus, les entreprises se dotent d’espaces de type Meeting Point, véritable carrefour d’échanges et lieu de respiration où se retrouvent les collaborateurs. Ces espaces ouverts, ces Tiers-lieux, traduisent les évolutions qui marquent nos modes de travail : nomadisme, grâce aux possibilités offertes par la digitalisation, flexibilité accrue, culture collaborative.
Le Meeting Point se définit comme un lieu de passage où se forment des communautés, où des réseaux se tissent. Il est ainsi comparable dans sa fonction sociale au café du coin, à la bibliothèque, à la maison de quartier. Espace accessible, ouvert et flexible, c’est là que se construit un sens collectif grâce à l’alchimie proximité-développement des échanges (Burret, 2013).

Le Meeting Point répond ainsi à des problématiques multiples, qu’il s’agisse de recréer du lien, favoriser la transversalité et casser « l’effet silo”, stimuler l’innovation, encourager le développement d’une dynamique de réseau ou encore, favoriser la productivité. En effet, lorsque l’on sait que seul un collaborateur sur deux (53%) considère que son environnement de travail lui permet de travailler de façon productive (enquête Deloitte-Leesman, 2013), on comprend mieux l’engouement pour ces espaces hybrides, où se conjuguent plusieurs fonctionnalités.

Un espace, quatre fonctionnalités

Espace collaboratif dont la finalité est de doper l’intelligence collective, un Meeting Point recouvre quatre fonctionnalités :

  • La concentration : espaces propices à l’isolement et à la concentration intellectuelle.
  • La collaboration : espaces permettant l’organisation d’ateliers collaboratifs, de réunions créatives, de sessions de brainstorming.
  • La convivialité : lieux de détente et de socialisation, ils favorisent la rencontre de profils variés, le tissage d’un réseau et l’établissement de relations de confiance, ingrédient indispensable à l’innovation.
  • La communication et l’information : lieux permettant de rendre visibles la marque et ses attributs (valeurs, logo, produits, brochures, newsletters, écran TV, etc.), de favoriser le management visuel.

La mise en place de tels lieux est un bon début, mais encore faut-il les faire vivre, par le biais d’outils de management et de créativité, tels que les Lego Serious Play, des compétences en facilitation, ou encore par l’organisation d’événements fédérateurs type after-work.

Les espaces collaboratifs et de convivialité ont le vent en poupe dans les entreprises et répondent à des besoins de lieux de travail plus flexibles, induits par des modes de travail toujours plus nomades.